Je reprends la plume après quelques mois d’interruption. Entretemps l’association « Les Amis de la Terre-Nord », dont je suis maintenant le Président, a été créée, les Etats ont été sommés de porter secours au système financier en faillite, la crise économique entraîne une récession mondiale.
Je voudrais reprendre ici l’un des débats de l'Assemblée Fédérale des Amis de la Terre qui s’est tenu le 4 Décembre….. et illustrer ces propos par un combat qui se déroule à la fois pas très loin d’ici, sur la côte Picarde…. et aussi dans toute la France.
Le cri d’indignation des Amis de la Terre :
La crise économique qui menace les emplois de chacun, et le fait que le gouvernement français ait garanti les comptes de dépôt et sur livret à hauteur de 70 000 €, ont fait oublier la crise financière et les centaines de milliards d’Euros et de dollars qu’il a fallu mobiliser à travers le monde pour enrayer la pire faillite qu’une poignée d’irresponsables, protégée par un système aussi opaque qu’inhumain, ait jamais déclenché.
En ce qui concerne la France, je voudrais citer la Ministre des Finances Christine Lagarde : "Les banques françaises "ont subi des pertes, je ne le cache pas, à peu près 20 milliards d'euros de pertes pour l'ensemble de l'année".
dont l’estimation individuelle donne à peu près ceci :
- Le Crédit Agricole/Crédit Lyonnais : 9 milliards d’€ évaporés
- La Société Générale : 6,6 milliards annihilés
- BNP Paribas : 3 milliards disparus
- Natixis (Filiale de la Banque Populaire et de la Caisse d’Epargne) : 3,5 milliards envolés
(sachant qu’il s’agit d’une approximation à ce jour, car entre les pertes réelles et les provisions, l’opacité demeure la règle – d’autres sources mettent d’ailleurs la barre à 25 milliards plutôt que 20)
A ce très beau score, il ne faut surtout pas non plus oublier d'ajouter les 2 évènements récents :
- La « perte de trading » de 750 millions d’€ de la Caisse d’Epargne en Octobre
- L’implication dans le scandale du « fonds Madoff » à New York (50 milliards de $ en tout) dans lequel on retrouve bien entendu les mêmes, « crédités » des estimations suivantes :
- La Société Générale : pertes de 10 millions €
- même montant de 10 millions € pour le Crédit Agricole
- BNP-Paribas : pourrait approcher 350 millions €
- et Natixis (Banque Populaire/caisse d’Epargne), par contre, pourrait « toucher » le jack-pot avec 450 millions €
- auquel vient s’ajouter un outsider : le Crédit Mutuel/CIC pour 90 millions €
Sans compter ce véritable « détournement de fonds d’état » que constituent les paradis fiscaux, qui hébergent entre autres les comptes « off shore » de plus de 4 000 banques dans le monde, dont on peut légitimement se demander si notre panel français n'y figure pas en bonne place.
La peur du lendemain a aussi fait oublier que nos banques ont une dette vis-à-vis de la Nation (c’est-à-dire de nous, en fait, car un jour ou l’autre il faudra bien payer), nous qui les avons renfloués (par Gouvernement interposé) et permis de survivre.
En effet, le plan de recapitalisation bancaire qu’a mis en place l’Etat français pour les banques a été en fin de compte accepté par la Commission Européenne.
Ainsi, 10,5 milliards d’euros vont donc être distribués à certaines banques pour leur permettre (officiellement) d’augmenter leur solvabilité en ayant un ratio plus élevé.
Quelles banques vont recevoir ces 10,5 milliards ?
• Le Crédit Agricole : 3 milliards.
• La BNP Paribas : 2,55 milliards.
• La Société Générale : 1,7 milliards.
• Le Crédit Mutuel : 1,2 milliards.
• Les Caisses d’Epargne : 1,1 milliards.
• Les Banques Populaires : 0,95 milliard.
Les répercussions dans l’économie réelle :
Nous pouvons en suivre chaque jour les impacts : dans l’automobile, le bâtiment, le secteur immobilier, le secteur bancaire bien évidemment, les petites et moyennes entreprises tous secteurs confondus, etc ……, etc…….
Le propos de ce billet n’est pas de faire une analyse de « la crise », mais de poser une question : à quoi sert de renflouer un secteur qui a provoqué une telle catastrophe si c’est pour que les anciennes pratiques perdurent :
- le « médiateur du crédit » a toutes les peines du monde à faire en sorte que les banques continuent à assurer les crédits de trésorerie courants ou d’expansion à nos PME et TPE,
- les jeunes ménages qui voulaient investir dans l’achat d’un logement se voient refuser des prêts,
- le crédit à la consommation, par contre, n’est toujours pas réglementé et produit toujours autant (sinon plus) de surendettés,
- le Crédit Agricole/LCL, la Société Générale et BNP-Paribas continuent à investir massivement dans les énergies fossiles qui dérèglent le climat dans des conditions qui ne seront bientôt plus contrôlables…. dans des projets extrêmement controversés (centrale nucléaire de Bélène dans une zone sismique.
Pour plus d’informations, suivre les liens :
http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-Banques-francaises.html
et http://www.amisdelaterre.org/Guide-Environnement-Comment.html
- la spéculation sur le pétrole, les matières première agricoles, le foncier (en particulier les terres destinées aux agro carburants), etc….. perdure de plus belle.
Et puisque j’ai évoqué la spéculation sur le foncier, je voudrais dénoncer ici une pratique qui a tendance à se généraliser : la vente de parcelles de camping ou de parcs résidentiels aux résidents locataires de mobil-homes ou à des investisseurs privés :
- les prix de vente proposés sont prohibitifs pour des retraités n’ayant que les moyens d’assurer le paiement du loyer forfaitaire annuel (d’ailleurs en augmentation constante)
- le maintien sur place est subordonné à des exigences de conformité du mobil-home (toits en pente)
- le refus oblige le résident :
. soit à déménager son mobil-home sur un autre parc, moyennant un coût très élevé de désinstallation, transport et réinstallation (de 3 000 à 5 000 €)
. soit à vendre son mobil-home sur place, moyennant souvent une commission pour le propriétaire ou le gérant du terrain…. et à un prix qui dépend de l’état du marché de l’occasion à ce moment-là.
Pour avoir un aperçu des pratiques en vigueur actuellement, aller sur le blog : http://campdesrosespasrose.hautetfort.com
Pourquoi est ce que je parle de ce conflit en particulier ?
- si j’avais eu connaissance de ce dossier sans y être moi-même partie prenante (avec mon épouse nous figurons parmi les résidents), j’aurais écrit ce billet de la même façon. Pourquoi ?
- l'élaboration d'un "process" par les services juridiques d'une banque a été évoquée dès le début des "négociations" par l'agence immobilière, introduisant immédiatement une espèce de "caution" bancaire des solutions proposées aux résidents.Et devinez de quelle banque il s'agit ? Bien évidemment de l’une de celles citées plus haut, impliquée aussi bien dans le scandale de la crise financière que dans celle du fonds spéculatif Madoff .
On a même parlé d'un partenariat financier et juridique !!
Et je parie que si vous interrogez cette banque, elle vous dira qu’elle ne fait rien d’autre que :
- de continuer « comme avant » (autrement dit avec un objectif de rentabilité maximum…), sans aucun souci pour l’inhumanité de la conduite des gens qu’elle finance
- de faire ce que font d’autres banques, partout en France, en exploitant les failles juridiques de ce type de contrat résidentiel….. au profit bien sûr de ceux qui ont l’argent.
Je pose maintenant une autre question : comment se fait il que nos entreprises se voient refuser des prêts, ce qui les met en grande difficulté, voire les oblige à licencier…… alors que nos banques effectuent des "partenariats financiers" pour de telles spéculations (qui portent sur combien de centaines de milliers, voire de millions d’€) ??
De quel droit ?
Je ne parle pas ici au sens juridique du terme, mais bien au sens éthique d'un juste "retour sur investissement" que la population (particulièrement s'il s'agit d'une population fragile, comme les personnes âgées) est en droit d'attendre d'entreprises responsables dont elle a assuré la survie......
Et tout cela bien sûr en chantant et en dansant à longueur de publicité, en promettant monts et merveilles (dont le paiement des factures d'électricité), en
jurant qu'on peut être "banque et populaire" et que tout cela "c'est pour que le monde bouge" !
Mais que font donc, une fois de plus, nos hommes politiques ? Cela se passe dans toute la France, ils ne peuvent pas l’ignorer !
Encore une fois, ils sont sûrement trop pris par les commissions et les réunions inhérentes à leurs cumuls de mandats, par les déjeuners et les dîners nécessités par leurs Présidences et leurs Vice-présidences d’on ne sait quelles entités……
Reste la Justice : ceux qui se battent au Camp des Roses y croient, espérons qu’elle ne les décevra pas !
Reste aussi l'information du public : le présent "coup de gueule" en est un. L'organisation, avec d'autres partenaires, d'une conférence-débat qui approfondirait encore plus les réponses à la question "Que font ils de notre argent?" en est une autre.....
dimanche 21 décembre 2008
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2 commentaires:
C'est vrai ce que dit Monsieur CABY. Je viens de voir le lien sur le site du camping des roses.
En effet, je fais partie des personnes confrontées à la vente du camping des Roses à QUEND PLAGE. Les acheteurs se disent partenaires d'une de ces grandes banques qui non seulement finance cette opération, mais les conseillerait sur le plan juridique pour que les propriétaires des mobiles homes installés sur le terrain ne puissent pas se défendre.
Que faire contre une telle puissance d'argent ? Rien n'a changé depuis des siècles...
Dans la notion de développement durable, il y a un aspect humain qu'ils ignorent...
Gilles
Vous avez trouvé la question centrale dans ce problème: "que font donc nos politiques?". Je ne sais pas si un jour on arrivera à y répondre . La transparence est la clé pour s'en sortir selon moi.
Marc
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