lundi 18 février 2008

AGRICULTURE

PROJECTION-DEBAT MRES DU 05/02/2008

J'ai envie de vous faire partager cette soirée, riche d'enseignements et de perspectives de cet "autre monde" qui est à notre portée.

Film « l’agriculture paysanne en Nord Pas de Calais »
Débat : Qui vous nourrira demain-Le choix du modèle agricole est l’affaire de tous
Proposé par : l'association SEDAPAS (Centre d'Etudes pour le Développement d'une Agriculture plus Autonome et solidaire).

19 heures à la MRES – salle comble

1) Projection d’un DVD
9 agriculteurs nous font partager leur passion (on sent bien tout au long qu’ils l’aiment, ce métier, et qu’ils y ont trouvé un vrai sens à leur vie !)
Leurs exploitations s’étendent sur des superficies dans un éventail de 30 à 85 hectares.
Tous ont remis en cause le système industriel, chimique et productiviste qui caractérise le système d’agriculture intensive dominant en France actuellement.
Tous sont dans une stratégie de RESISTANCE à cette « pensée unique », à ce « mode de développement unique », destructeur pour les sols, l’eau et l’écosystème, générateurs de maladies (cancers rares) pour les agriculteurs et leur famille.
Si l’agriculture intensive a eu sa raison d’être (produire en quantité à moindre coût) elle ne correspond plus aux attentes qualitatives des gens, aux exigences environnementales, et surtout elle ne permettra pas de s’adapter aux dérèglements climatiques qui s’annoncent (1).
Le mieux, bien sûr est que vous vous adressiez à l’association SEDAPAS pour vous procurer le DVD (voir ci-dessous), néanmoins je vous retranscris ci-dessous les mots et les éléments importants qui différencient l’agriculture paysanne (note personnelle : on peut dire aussi « agriculture durable ») dont j’ai pris note :

L’AUTONOMIE : décapitaliser, maîtriser les choix techniques, ne plus dépendre de l’extérieur (pour le bétail : herbe au lieu de maïs-soja, ou colza au lieu de soja), recherche permanente de l’adéquation herbe-sols-animaux, autonomie alimentaire, diversité des semences, capacité de choisir son mode de vie.
Ne pas confondre avec autarcie. Au contraire recherche de partenariats, de complémentarités

LA PRESERVATION DES RESSOURCES : il faut comprendre les éléments naturels, considérer qu’ils sont un bien collectif, faire du préventif, accorder la priorité à la résistance aux maladies (rotations longues -7 ans – des cultures, re-plantations de haies, ….), réduire fortement les intrants et utiliser plutôt les engrais bio et un minimum de fongicides (exemple donné = 1 épandage au lieu de 3) si nécessaire.
Bien comprendre aussi que l’agriculture raisonnée n’est pas l’agriculture paysanne (ni durable) : ce n’est que de l’agriculture intensive avec des normes obligatoires…

LA CREATION DE LIENS :
. entre les fermes qui pratiquent ce type d’agriculture, car la gestion est plus complexe qu’en agriculture classique intensive
. avec les consommateurs dans les magasins de vente directe, sur les marchés ou dans les AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne)
. avec les instituteurs et les enfants des écoles : rôle pédagoqique

2) Débat : questions posées par la salle (liste)

- Comment passer du conventionnel au bio ?
- Les revenus pour les producteurs bio sont ils inférieurs ?
- Concrètement, comment le bio peut il se développer dans ce pays, face aux « tâtonnements » de l’Etat ?
- Quels moyens peut on mettre en œuvre pour réorienter l’agriculture ? Les Chambres d’agriculture sont elles à même d’assurer cet accompagnement, de vaincre la formidable résistance culturelle de l’agriculture traditionnelle ?
- Qu’est ce que l’agriculture « raisonnée » par rapport à « l’agriculture paysanne » ?
- Quelle politique foncière mettre en place pour favoriser l’implantation d’agriculteurs ou de maraîchers voulant développer ce type d’agriculture, face aux grandes exploitations industrielles ? Quel est le rôle de l’association « Terre de liens » dans ce contexte ?
- Comment préserver le consommateur contre les OGM, en particulier au niveau de la nourriture animale ?
- Pourquoi la France n’est elle pas capable de réduire de moitié l’utilisation des pesticides, comme certains pays nordiques (Danemark, ….) en ont démontré la faisabilité ?

Voilà, je suis sorti de là conforté dans mes convictions récentes : une autre alimentation, une autre agriculture est possible, au bénéfice aussi bien des producteurs que des consommateurs.
Mais pour « massifier » cet « autre culture » il faut aussi des politiques publiques, des incitations de l’Etat (aides, réorientation de la PAC, …), des soutiens, des accompagnements et une implication des collectivités territoriales.
Et aussi un engagement citoyen : c’est bientôt les Municipales, non ?

Ha, dernière chose : cela fait maintenant plusieurs mois que notre famille s’approvisionne en viande, légumes et fruits, dans un « magasin de vente directe » sous forme de coopérative agricole. On n’y trouve que des produits de saison, et certaines viandes certains jours seulement….. mais c’est moins cher et meilleur que dans l’hypermarché du coin. Essayez, vous verrez !


Fiche et contact SEDAPAS : http://www.mnelille.org/assofiche.php3?asso=CEDAPAS

Site AMAP : http://alliancepec.free.fr/Webamap/index1.php

Site « Terre de Liens « : http://www.terredeliens.org/

Voir aussi le site de la Confédération Paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr/

Pour les atteintes à la biodiversité des semences, voir le site de l’association Kokopelli http://www.kokopelli.asso.fr/proces-kokopelli/gnis-fnpsp6.html

Lire aussi Altermondes n° 12 « Le monde paysan, une vision d’avenir » http://www.amisdelaterre.org/Le-monde-paysan-une-vision-d.html?



(1) Pour avoir un aperçu des moyens utilisés par les populations qui subissent déjà ce dérèglement, télécharger le rapport des Amis de la Terre International « La voix des populations affectées par le changement climatique » sur http://www.foei.org/fr/publications/pdfs/climate-testimonies/

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