mardi 26 février 2008

AGRICULTURE

ALIMENTATION

Les médias parlent abondamment ces temps-ci de la hausse des prix des produits alimentaires, qui pèse sur le « pouvoir d’achat des français », lui aussi sujet à nombre de débats et de propositions en ces temps très « électoralistes »..
A juste titre d’ailleurs, car il faut savoir que cette hausse des produits alimentaires atteint 40 % (en dollars) en 1 an au niveau mondial ! (source J.D. SACHS directeur de l'Institut de la Terre à l'université de Columbia (New York).

Si on écoute les différents protagonistes, on peut retenir que :

1- le prix des matières premières (blé, maïs, lait, etc….) grimpe en fonction de 4 facteurs :

- La hausse des prix du pétrole, qui mécaniquement augmente le coût de l’énergie (chauffage des exploitations et des serres, carburants des engins agricoles, fabrication des engrais et des fongicides, ….), du transport, de la conservation, etc…
- La demande accrue des pays en développement, principalement la Chine et l’Inde qui améliorent leur alimentation et leur consommation de viande carnée (produire 1 kg de viande nécessite entre 7 et 10 kg de végétal), ce qui mécaniquement entraîne une hausse des prix
- les réserves de céréales se trouvent à un niveau historiquement et mécaniquement bas (moins de deux mois de consommation), du fait que depuis 1999 la production mondiale de céréales a été inférieure à la consommation (sauf en 2004)
- Les surfaces agricoles consacrées aux agro-carburants dans le monde, qui sont en progression constante, entraînent mécaniquement une baisse des surfaces disponibles et de l’offre de produits agricoles

Ceci étant dit, on n’évoque que très rarement dans les médias « grand public » :

- le dérèglement climatique et ses impacts, qui ont fait chuter spectaculairement certaines productions agricoles (céréales) : en 2007, sécheresse extrême en Australie et dans l'est et le sud-est de l'Europe, mauvais temps (été pourri !) dans le nord de l'Europe, inondations en Grande-Bretagne, …..
Les pénuries d’eau provoquent aussi dans certaines régions des baisses de rendements endémiques

- la spéculation : les fonds spéculatifs, qui avaient jusqu’à présent délaissé les matières premières agricoles, ont découvert les opportunités que leur ouvraient les risques climatiques»

- le fait que depuis un demi-siècle les prix des produits agricoles sont complètement faussés : subventions massives (la PAC), assainissement de l'eau pris en charge par les ménages, maladies (dont cancers rares) pris en charge par la sécurité sociale, etc...., et qu'un jour ou l'autre il faudra bien en arriver à la "vérité des prix",

- la répercussion sur les pays pauvres : hyper spécialisés pour certaines productions à l’exportation (imposées par les « mesures structurelles » des Institutions financières internationales), ils sont devenus complètement dépendants des importations de produits pour lesquels leur production intérieure s’est effondrée. Ajouté à la hausse du prix du pétrole, ces pays se retrouvent dans une situation impossible…. dont l’illustration extrême est l’exemple d’Haïti, dont une partie de la population en est réduite à manger des galettes faites d'argile et de sel
Par contre, dans ces mêmes pays, les exploitations importantes et les agro-industriels profitent de la hausse des cours mondiaux et de la demande en bioéthanol et autres agro-carburants !


Et alors on ne dit jamais, mais alors au grand jamais, qu’en réalité l’appareil agricole mondial actuel est capable de nourrir quantitativement 12 milliards d’individus. Si vous en avez l’occasion, allez voir le film (je l’ai vu et j’attends qu’il sorte en DVD) « We feed the world – Le marché de la faim », ceci est très bien expliqué et visualisé.


2 – Il est vraiment impossible :
- pour tous les acteurs intermédiaires et en particulier la grande distribution, de baisser ses marges et ses fameux « coefficients multiplicateurs » (vous vous rendez compte, les investissements, l’emploi ;….. !!) et même de négocier avec ses fournisseurs ! (pas les agriculteurs ni les PME, bien sûr, les industriels…..)
- pour nos gouvernants de faire plus que constater qu’il « existe un problème ente le producteur et le consommateur » et dans l’immédiat de réaliser plus que des enquêtes, puis une réforme de loi au printemps. Dans un régime de liberté des prix on se demande d'ailleurs ce qu'ils peuvent vraiment faire...


Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je trouve qu’il y a trop de « mécanique » dans ce processus. J’ai la quasi-certitude que tout cela est une énorme opération spéculative qui s’est enclenchée au niveau mondial, de manière simultanée (et c’est tout son « intérêt ») sur les produits agricoles et énergétiques, et qui est amplifiée par un certain nombre d’intermédiaires qui se « servent » au passage.
Et que les couillons c’est encore nous, les consommateurs……ce qui n’est encorerien en comparaison de ce que subissent les pauvres des pays pauvres.

Et je me pose une question : les produits bio ou issus de l’agriculture paysanne ou durable ou de terroir, en tout cas de proximité, ne vont-ils pas devenir moins chers que ce qui est proposé dans les étals des hypermarchés,...... les engrais chimiques, pesticides et une partie du pétrole en moins, la saveur et les qualités nutritives en plus ?
Selon une enquête d’ »OpinionWay de Novembre 2007, seulement un Français sur quatre était prêt à accepter plus de 10 % de hausse des prix alimentaires en contrepartie de produits respectant davantage l'environnement.
Et maintenant que la plaquette de beurre a augmenté de 25 %, les pâtes de 35 % et le lait de 48 %, sur quelques mois, sans que ce même consommateur ait eu son mot à dire, est ce qu’il ne devrait pas reconsidérer la question ?
Je reviens sur ce que j’ai déjà dit, et je le maintiens : recourir aux circuits courts proposés par les AMAP et les circuits de vente directe, re-tisser des liens avec les agriculteurs de proximité…. hé bien c’est moins cher ! Et maintenant j’ajoute : et c’est un moyen à notre portée, à nous consommateurs, de résister à cette spéculation mondiale. A condition aussi d'exiger une réorientation de la PAC vers ce type d'agriculture : aux urnes, citoyens !


Une dernière chose, pour moi qui suis un Européen convaincu (en dépit de quelques dérives de l’Union Européenne, dont actuellement les accords de partenariats économiques en cours de négociation avec les Pays Afrique, Caraïbes et Pacifique …dont l’agriculture et la souveraineté alimentaire sont justement au centre des débats) : il faut savoir que l'euro tant décrié nous rend actuellement un fier service, car les prix de nombreux produits alimentaires et de tous les produits pétroliers évoluent en $. Or la valeur de l'€ ne cesse d'augmenter par rapport au $. Ce qui a pour effet de diminuer le prix relatif de ces produits importés


jeudi 21 février 2008

ENERGIES

CONFERENCE-DEBAT MRES du 07/02/2008 : « Energies d’avenir en Nord-Pas-de-Calais-Quelles solutions au dérèglement climatique ? »

Salle comble également en ce jeudi soir 7 Février 2008.
L’association « Virage Energie » nous présente le résumé, sous forme de diapos, de leur travail, qui peut également se décliner sous le titre « Un plan climat sans nucléaire pour la Région à l’horizon 2050 »
Il s’agit de la 3e présentation publique, les précédentes ayant été effectuées dans le cadre des Assises Nationales de l’Energie, à Dunkerque, fin Janvier.
Quelques repères au départ, que nous précise le Président :
- il s’agit de l’aboutissement de plus d’1 an de travaux et de dialogues, avec l’aide d’un Cabinet d’Etudes consultant spécialisé en énergie,
- il s’agissait de bâtir un scénario crédible :
. inscrit dans l’objectif national de division par 4 des émissions de gaz carbonique (le « facteur 4 »)
. tenant compte des potentialités de la Région
. impliquant le non-remplacement des réacteurs nucléaires de Gravelines
. à l’horizon 2050
- D’autre part, ce scénario s’est volontairement calqué (afin de pouvoir faire des comparaisons) sur les hypothèses officielles nationales du scénario « facteur 4 » :
. croissance annuelle de 2,3 %
. maintien de l’industrie lourde (pas de délocalisation et donc pas de transfert des émissions à l’étranger)
. mobilité multipliée par 2
. niveaux de confort équivalent
. etc….
- De plus, les alternatives présentées existent déjà actuellement, en particulier dans des pays plus avancés que la France dans la recherche ou la mise en œuvre d’énergies renouvelables ; il ne s’agit donc pas de science fiction.

Le document de synthèse et le rapport complet sont disponibles sur http://www.virage-energie-npdc.org/Telechargements.htm

Je vais simplement signaler ci-dessous quelques points qui m’ont paru significatifs :
- la Région représente 7 % de la population française…. et 11 % des émissions de CO2
- l’explication se trouve dans la forte représentation de l’industrie (50 %, dont 23 % pour la sidérurgie)
- La Région est la 2e région la plus ventée de France.
Malgré le climat, elle reçoit quand même du soleil, en 1 an, 400 fois plus d’énergie que n’en produit la centrale de Gravelines
- le plan « Virage Energie » implique une DECENTRALISATION MASSIVE de la production d’électricité
- les ingénieurs de Virage Energie et le Cabinet d’études estiment qu’il est possible d’améliorer l’efficacité énergétique de 40 % dans l’industrie, en particulier au niveau des moteurs industriels (en apparté cela me semble beaucoup, compte tenu des gains d’efficacité antérieurs de l’industrie – 35 % -… mais je ne suis pas spécialiste…)
- l’éolien pourrait se déployer de 4 manières différentes :
. dans les terres
. sur la côte,
. off-shore, au large de nos côtes et aussi dans des parcs mutualisés avec l'Angleterre et les Pays scandinaves
- le solaire thermique et photovoltaïque pourrait s’exprimer sur les toits… mais aussi dans des systèmes de réseaux collectifs solaires avec stockage de chaleur intersaisonnier
- les réseaux de chaleur urbains pourraient avantageusement remplacer l’usage des énergies fossiles, de manière massive : passer de 5 % actuellement à 60 % en 2050
- pour mettre fin aux déplacements « pendulaires », il faudrait agir bien sûr au niveau des transports en commun et des transports « doux » (rien de nouveau) mais aussi stopper l’étalement urbain en re-densifiant les villes par des constructions mitoyennes et des habitats semi-collectifs (et pas par des « tours », contrairement à ce qu’on pourrait croire)
- le biogaz est un atout pour la Région, ainsi d’ailleurs que les études et les réalisations sur l’hydrogène (société H2Développement)
- la gestion de l’offre et de la demande électrique décentralisée s’appuierait sur l’intégration des prévisions météo et une modulation de la grille tarifaire d’électricité
- la SOBRIETE (1) est évoquée tout au long du rapport. Elle implique un changement de comportement, de NOS comportements. De plus, la gestion « fine » de nos consommations électriques nécessite des informations de base. ²
Mêmes impératifs en ce qui concerne les entreprises, (et j’ajoute personnellement : les Administrations, les Ministères, toutes les Collectivités territoriales, et aussi les associations, ….)
Pour cela, il est préconisé la création de 26 « Agences locales de l’énergie » qui interviendraient de manière plus approfondie dans la formation des acteurs, dans le montage de projets et dans le développement économique régional.
- création d’emplois régionaux pérennes et non délocalisables : c’est le solaire thermique qui crée le plus d’emplois (par kwh produits)…. et pas l’éolien : voir page 15 du document de synthèse.

Questions de la salle (liste) :
. Comment faire accepter ce scénario par les politiques et EDF ?
. Les syndicats ont-ils été associés aux travaux ?
. Les résultats intermédiaires en 2020 sont ils compatibles avec le « Plan Climat-Energie » que vient de sortir l’Union Européenne à l’horizon 2020 (23 % de renouvelables pour la France) ?
. Comment sont résolus les problèmes d’intermittence de production de l’énergie renouvelable (pas de vent, pas de soleil,….) ?
. La France est exportatrice nette d’électricité : est ce que les exportations vers les pays voisins a été prise en compte ? et entre les régions limitrophes (Picardie, …) ?
Précisions :
. Les scénarios sur la décroissance n’ont pas été pris en compte
. Le coût du nucléaire évité n’a pas été calculé



(1) Une remarque personnelle : contrairement à ce que certains croient, dans un scénario « tendanciel » (c'est-à-dire qu’on ne change rien et la croissance économique mondiale suit les courbes statistiques actuelles), il est impossible de satisfaire la demande mondiale d’énergie à l’horizon 2030 si on ne diminue pas la demande (électricité, mais aussi chauffage, transports, etc…).
En mettant en œuvre toutes les énergies fossiles disponibles (sachant que le recours au charbon, « propre » ou pas, nous précipite vers un désastre écologique et humain sans précédent), tous les renouvelables possibles, dans des conditions économiques et physiques réalistes (sans introduire d’évènements exceptionnels), la demande excèdera l’offre.
Et la recherche ne peut pas nous sauver : voir « les cahiers de Global Chance n° 20 (les utopies technologiques) et 21 (Développement…….changer de paradigme) » à télécharger, si vous le souhaitez, sur le site d’Agora 21 http://www.agora21.org/editiona21.html

. Voir aussi la manière de produire des « négawatts » : http://www.negawatt.org/
A ce sujet d’ailleurs le fin d’année 2007 m’a procuré une bonne surprise : l’ensemble des « petits gestes » d’économies d’énergie (y compris la coupure systématique des appareils de veille) et le renouvellement d’appareil électrique en classe « A+ » m’a fait réaliser 25 % de gain énergétique sur ma facture électrique……

. Voir également le livret « Face à la menace climatique, l’illusion du nucléaire » sur le site du Réseau Action Climat France : http://www.rac-f.org/article.php3?id_article=1331


(1 bis) Une 2e remarque personnelle : je pense qu’une des conditions de réussite (mais ce n’est pas la seule !) passe par une acceptation de ce changement de paradigme (vendre du service énergétique plutôt que des Kwh, des services de transport en commun plutôt que des Km automobiles, etc….) par les SYNDICATS. Je ne vois pas comment cela peut fonctionner dans notre pays s’il n’y a pas une mise à plat et un consensus dans ce domaine.

lundi 18 février 2008

AGRICULTURE

PROJECTION-DEBAT MRES DU 05/02/2008

J'ai envie de vous faire partager cette soirée, riche d'enseignements et de perspectives de cet "autre monde" qui est à notre portée.

Film « l’agriculture paysanne en Nord Pas de Calais »
Débat : Qui vous nourrira demain-Le choix du modèle agricole est l’affaire de tous
Proposé par : l'association SEDAPAS (Centre d'Etudes pour le Développement d'une Agriculture plus Autonome et solidaire).

19 heures à la MRES – salle comble

1) Projection d’un DVD
9 agriculteurs nous font partager leur passion (on sent bien tout au long qu’ils l’aiment, ce métier, et qu’ils y ont trouvé un vrai sens à leur vie !)
Leurs exploitations s’étendent sur des superficies dans un éventail de 30 à 85 hectares.
Tous ont remis en cause le système industriel, chimique et productiviste qui caractérise le système d’agriculture intensive dominant en France actuellement.
Tous sont dans une stratégie de RESISTANCE à cette « pensée unique », à ce « mode de développement unique », destructeur pour les sols, l’eau et l’écosystème, générateurs de maladies (cancers rares) pour les agriculteurs et leur famille.
Si l’agriculture intensive a eu sa raison d’être (produire en quantité à moindre coût) elle ne correspond plus aux attentes qualitatives des gens, aux exigences environnementales, et surtout elle ne permettra pas de s’adapter aux dérèglements climatiques qui s’annoncent (1).
Le mieux, bien sûr est que vous vous adressiez à l’association SEDAPAS pour vous procurer le DVD (voir ci-dessous), néanmoins je vous retranscris ci-dessous les mots et les éléments importants qui différencient l’agriculture paysanne (note personnelle : on peut dire aussi « agriculture durable ») dont j’ai pris note :

L’AUTONOMIE : décapitaliser, maîtriser les choix techniques, ne plus dépendre de l’extérieur (pour le bétail : herbe au lieu de maïs-soja, ou colza au lieu de soja), recherche permanente de l’adéquation herbe-sols-animaux, autonomie alimentaire, diversité des semences, capacité de choisir son mode de vie.
Ne pas confondre avec autarcie. Au contraire recherche de partenariats, de complémentarités

LA PRESERVATION DES RESSOURCES : il faut comprendre les éléments naturels, considérer qu’ils sont un bien collectif, faire du préventif, accorder la priorité à la résistance aux maladies (rotations longues -7 ans – des cultures, re-plantations de haies, ….), réduire fortement les intrants et utiliser plutôt les engrais bio et un minimum de fongicides (exemple donné = 1 épandage au lieu de 3) si nécessaire.
Bien comprendre aussi que l’agriculture raisonnée n’est pas l’agriculture paysanne (ni durable) : ce n’est que de l’agriculture intensive avec des normes obligatoires…

LA CREATION DE LIENS :
. entre les fermes qui pratiquent ce type d’agriculture, car la gestion est plus complexe qu’en agriculture classique intensive
. avec les consommateurs dans les magasins de vente directe, sur les marchés ou dans les AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne)
. avec les instituteurs et les enfants des écoles : rôle pédagoqique

2) Débat : questions posées par la salle (liste)

- Comment passer du conventionnel au bio ?
- Les revenus pour les producteurs bio sont ils inférieurs ?
- Concrètement, comment le bio peut il se développer dans ce pays, face aux « tâtonnements » de l’Etat ?
- Quels moyens peut on mettre en œuvre pour réorienter l’agriculture ? Les Chambres d’agriculture sont elles à même d’assurer cet accompagnement, de vaincre la formidable résistance culturelle de l’agriculture traditionnelle ?
- Qu’est ce que l’agriculture « raisonnée » par rapport à « l’agriculture paysanne » ?
- Quelle politique foncière mettre en place pour favoriser l’implantation d’agriculteurs ou de maraîchers voulant développer ce type d’agriculture, face aux grandes exploitations industrielles ? Quel est le rôle de l’association « Terre de liens » dans ce contexte ?
- Comment préserver le consommateur contre les OGM, en particulier au niveau de la nourriture animale ?
- Pourquoi la France n’est elle pas capable de réduire de moitié l’utilisation des pesticides, comme certains pays nordiques (Danemark, ….) en ont démontré la faisabilité ?

Voilà, je suis sorti de là conforté dans mes convictions récentes : une autre alimentation, une autre agriculture est possible, au bénéfice aussi bien des producteurs que des consommateurs.
Mais pour « massifier » cet « autre culture » il faut aussi des politiques publiques, des incitations de l’Etat (aides, réorientation de la PAC, …), des soutiens, des accompagnements et une implication des collectivités territoriales.
Et aussi un engagement citoyen : c’est bientôt les Municipales, non ?

Ha, dernière chose : cela fait maintenant plusieurs mois que notre famille s’approvisionne en viande, légumes et fruits, dans un « magasin de vente directe » sous forme de coopérative agricole. On n’y trouve que des produits de saison, et certaines viandes certains jours seulement….. mais c’est moins cher et meilleur que dans l’hypermarché du coin. Essayez, vous verrez !


Fiche et contact SEDAPAS : http://www.mnelille.org/assofiche.php3?asso=CEDAPAS

Site AMAP : http://alliancepec.free.fr/Webamap/index1.php

Site « Terre de Liens « : http://www.terredeliens.org/

Voir aussi le site de la Confédération Paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr/

Pour les atteintes à la biodiversité des semences, voir le site de l’association Kokopelli http://www.kokopelli.asso.fr/proces-kokopelli/gnis-fnpsp6.html

Lire aussi Altermondes n° 12 « Le monde paysan, une vision d’avenir » http://www.amisdelaterre.org/Le-monde-paysan-une-vision-d.html?



(1) Pour avoir un aperçu des moyens utilisés par les populations qui subissent déjà ce dérèglement, télécharger le rapport des Amis de la Terre International « La voix des populations affectées par le changement climatique » sur http://www.foei.org/fr/publications/pdfs/climate-testimonies/

lundi 11 février 2008

EDITORIAL






Si vous visitez le site national sur
http://www.amisdelaterre.org/La-Charte-des-principes.html vous y trouverez la métaphore suivante, de David Brower, un des fondateurs du mouvement écologiste et des Amis de la Terre en 1969 :
« Notre planète est née le lundi à zéro heure.
Lundi, mardi et mercredi jusqu’à midi, la Terre se forme.
La vie commence mercredi à midi et se développe pendant les quatre jours suivants. Dimanche à 4h de l’après-midi seulement, les grand reptiles apparaissent.
Cinq heures plus tard, à 9h du soir, lorsque les séquoias sortent de terre, les grands reptiles disparaissent.
L’homme n’apparaît qu’à minuit moins trois minutes, dimanche soir.
A un quart de seconde avant minuit, commence la révolution industrielle.
Il est maintenant minuit, dimanche soir, et nous sommes entourés de gens qui croient que ce qu’ils font depuis un quarantième de seconde peut continuer indéfiniment « .

Et cette croyance « globale » est alimentée par toute une série de certitudes fragmentaires mais bien ancrées :
- certitude que la science et la technique vont nous sortir du « mauvais pas » du dérèglement climatique sans avoir rien (ou presque) à changer à nos habitudes
- certitude qu’il sera possible avant la fin de l’épuisement du pétrole de produire et de consommer d’autres énergies équivalentes et pas plus chères
- certitude que l’Homme n’a pas besoin des autres espèces animales et végétales pour sa survie
- certitude que la croissance économique quantitative est la clé de l’emploi, de la création de richesses et du développement de notre civilisation
- certitude que écologie et économie sont antinomiques
- certitude que, malgré le fait que 20 % de la population mondiale consomme 80% des richesses planétaires, il ne se produira aucun conflit qui ne puisse être maîtrisé.
- certitude que la « dette écologique » vis-à-vis de certains pays, en particulier africains, n’existe pas et n’a pas à être honorée
- certitude que l’agriculture chimique, productiviste et raisonnée est la seule capable de nourrir massivement le monde et de faire vivre les agriculteurs
- certitude que les Plantes Génétiquement Modifiées sont une source de progrès
- certitude que ni la pollution ni le mode d’alimentation, ni les conditions de travail n’empêcheront la durée de vie d’augmenter sans cesse
- certitude que tout ce qui est écologique est forcément nettement plus cher
- certitude que la vérité se trouve dans les Journaux télévisés du soir
- certitude que les écologistes sont des gens rétrogrades qui ne se complaisent que dans le passé, les contraintes ou les solutions utopistes
- etc…
-
Toutes ces « certitudes », j’ai envie de les combattre et de vous en parler au jour le jour, au fur et à mesure que l’actualité médiatique ou qu’un article de fond intéressant m’inspirera.

Vous faire partager ces réflexions permettra, je l’espère, de déclencher vos réactions et vos commentaires, qui alimenteront le débat.
Et aussi, je l’espère bien, vous donner envie de nous rejoindre (nous = le petit groupe d’adhérents et de sympathisants des Amis de la Terre-Nord, déjà constitué) et de participer à ce challenge.