dimanche 21 décembre 2008
QUE FONT ILS DE NOTRE ARGENT ?
Je voudrais reprendre ici l’un des débats de l'Assemblée Fédérale des Amis de la Terre qui s’est tenu le 4 Décembre….. et illustrer ces propos par un combat qui se déroule à la fois pas très loin d’ici, sur la côte Picarde…. et aussi dans toute la France.
Le cri d’indignation des Amis de la Terre :
La crise économique qui menace les emplois de chacun, et le fait que le gouvernement français ait garanti les comptes de dépôt et sur livret à hauteur de 70 000 €, ont fait oublier la crise financière et les centaines de milliards d’Euros et de dollars qu’il a fallu mobiliser à travers le monde pour enrayer la pire faillite qu’une poignée d’irresponsables, protégée par un système aussi opaque qu’inhumain, ait jamais déclenché.
En ce qui concerne la France, je voudrais citer la Ministre des Finances Christine Lagarde : "Les banques françaises "ont subi des pertes, je ne le cache pas, à peu près 20 milliards d'euros de pertes pour l'ensemble de l'année".
dont l’estimation individuelle donne à peu près ceci :
- Le Crédit Agricole/Crédit Lyonnais : 9 milliards d’€ évaporés
- La Société Générale : 6,6 milliards annihilés
- BNP Paribas : 3 milliards disparus
- Natixis (Filiale de la Banque Populaire et de la Caisse d’Epargne) : 3,5 milliards envolés
(sachant qu’il s’agit d’une approximation à ce jour, car entre les pertes réelles et les provisions, l’opacité demeure la règle – d’autres sources mettent d’ailleurs la barre à 25 milliards plutôt que 20)
A ce très beau score, il ne faut surtout pas non plus oublier d'ajouter les 2 évènements récents :
- La « perte de trading » de 750 millions d’€ de la Caisse d’Epargne en Octobre
- L’implication dans le scandale du « fonds Madoff » à New York (50 milliards de $ en tout) dans lequel on retrouve bien entendu les mêmes, « crédités » des estimations suivantes :
- La Société Générale : pertes de 10 millions €
- même montant de 10 millions € pour le Crédit Agricole
- BNP-Paribas : pourrait approcher 350 millions €
- et Natixis (Banque Populaire/caisse d’Epargne), par contre, pourrait « toucher » le jack-pot avec 450 millions €
- auquel vient s’ajouter un outsider : le Crédit Mutuel/CIC pour 90 millions €
Sans compter ce véritable « détournement de fonds d’état » que constituent les paradis fiscaux, qui hébergent entre autres les comptes « off shore » de plus de 4 000 banques dans le monde, dont on peut légitimement se demander si notre panel français n'y figure pas en bonne place.
La peur du lendemain a aussi fait oublier que nos banques ont une dette vis-à-vis de la Nation (c’est-à-dire de nous, en fait, car un jour ou l’autre il faudra bien payer), nous qui les avons renfloués (par Gouvernement interposé) et permis de survivre.
En effet, le plan de recapitalisation bancaire qu’a mis en place l’Etat français pour les banques a été en fin de compte accepté par la Commission Européenne.
Ainsi, 10,5 milliards d’euros vont donc être distribués à certaines banques pour leur permettre (officiellement) d’augmenter leur solvabilité en ayant un ratio plus élevé.
Quelles banques vont recevoir ces 10,5 milliards ?
• Le Crédit Agricole : 3 milliards.
• La BNP Paribas : 2,55 milliards.
• La Société Générale : 1,7 milliards.
• Le Crédit Mutuel : 1,2 milliards.
• Les Caisses d’Epargne : 1,1 milliards.
• Les Banques Populaires : 0,95 milliard.
Les répercussions dans l’économie réelle :
Nous pouvons en suivre chaque jour les impacts : dans l’automobile, le bâtiment, le secteur immobilier, le secteur bancaire bien évidemment, les petites et moyennes entreprises tous secteurs confondus, etc ……, etc…….
Le propos de ce billet n’est pas de faire une analyse de « la crise », mais de poser une question : à quoi sert de renflouer un secteur qui a provoqué une telle catastrophe si c’est pour que les anciennes pratiques perdurent :
- le « médiateur du crédit » a toutes les peines du monde à faire en sorte que les banques continuent à assurer les crédits de trésorerie courants ou d’expansion à nos PME et TPE,
- les jeunes ménages qui voulaient investir dans l’achat d’un logement se voient refuser des prêts,
- le crédit à la consommation, par contre, n’est toujours pas réglementé et produit toujours autant (sinon plus) de surendettés,
- le Crédit Agricole/LCL, la Société Générale et BNP-Paribas continuent à investir massivement dans les énergies fossiles qui dérèglent le climat dans des conditions qui ne seront bientôt plus contrôlables…. dans des projets extrêmement controversés (centrale nucléaire de Bélène dans une zone sismique.
Pour plus d’informations, suivre les liens :
http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-Banques-francaises.html
et http://www.amisdelaterre.org/Guide-Environnement-Comment.html
- la spéculation sur le pétrole, les matières première agricoles, le foncier (en particulier les terres destinées aux agro carburants), etc….. perdure de plus belle.
Et puisque j’ai évoqué la spéculation sur le foncier, je voudrais dénoncer ici une pratique qui a tendance à se généraliser : la vente de parcelles de camping ou de parcs résidentiels aux résidents locataires de mobil-homes ou à des investisseurs privés :
- les prix de vente proposés sont prohibitifs pour des retraités n’ayant que les moyens d’assurer le paiement du loyer forfaitaire annuel (d’ailleurs en augmentation constante)
- le maintien sur place est subordonné à des exigences de conformité du mobil-home (toits en pente)
- le refus oblige le résident :
. soit à déménager son mobil-home sur un autre parc, moyennant un coût très élevé de désinstallation, transport et réinstallation (de 3 000 à 5 000 €)
. soit à vendre son mobil-home sur place, moyennant souvent une commission pour le propriétaire ou le gérant du terrain…. et à un prix qui dépend de l’état du marché de l’occasion à ce moment-là.
Pour avoir un aperçu des pratiques en vigueur actuellement, aller sur le blog : http://campdesrosespasrose.hautetfort.com
Pourquoi est ce que je parle de ce conflit en particulier ?
- si j’avais eu connaissance de ce dossier sans y être moi-même partie prenante (avec mon épouse nous figurons parmi les résidents), j’aurais écrit ce billet de la même façon. Pourquoi ?
- l'élaboration d'un "process" par les services juridiques d'une banque a été évoquée dès le début des "négociations" par l'agence immobilière, introduisant immédiatement une espèce de "caution" bancaire des solutions proposées aux résidents.Et devinez de quelle banque il s'agit ? Bien évidemment de l’une de celles citées plus haut, impliquée aussi bien dans le scandale de la crise financière que dans celle du fonds spéculatif Madoff .
On a même parlé d'un partenariat financier et juridique !!
Et je parie que si vous interrogez cette banque, elle vous dira qu’elle ne fait rien d’autre que :
- de continuer « comme avant » (autrement dit avec un objectif de rentabilité maximum…), sans aucun souci pour l’inhumanité de la conduite des gens qu’elle finance
- de faire ce que font d’autres banques, partout en France, en exploitant les failles juridiques de ce type de contrat résidentiel….. au profit bien sûr de ceux qui ont l’argent.
Je pose maintenant une autre question : comment se fait il que nos entreprises se voient refuser des prêts, ce qui les met en grande difficulté, voire les oblige à licencier…… alors que nos banques effectuent des "partenariats financiers" pour de telles spéculations (qui portent sur combien de centaines de milliers, voire de millions d’€) ??
De quel droit ?
Je ne parle pas ici au sens juridique du terme, mais bien au sens éthique d'un juste "retour sur investissement" que la population (particulièrement s'il s'agit d'une population fragile, comme les personnes âgées) est en droit d'attendre d'entreprises responsables dont elle a assuré la survie......
Et tout cela bien sûr en chantant et en dansant à longueur de publicité, en promettant monts et merveilles (dont le paiement des factures d'électricité), en
jurant qu'on peut être "banque et populaire" et que tout cela "c'est pour que le monde bouge" !
Mais que font donc, une fois de plus, nos hommes politiques ? Cela se passe dans toute la France, ils ne peuvent pas l’ignorer !
Encore une fois, ils sont sûrement trop pris par les commissions et les réunions inhérentes à leurs cumuls de mandats, par les déjeuners et les dîners nécessités par leurs Présidences et leurs Vice-présidences d’on ne sait quelles entités……
Reste la Justice : ceux qui se battent au Camp des Roses y croient, espérons qu’elle ne les décevra pas !
Reste aussi l'information du public : le présent "coup de gueule" en est un. L'organisation, avec d'autres partenaires, d'une conférence-débat qui approfondirait encore plus les réponses à la question "Que font ils de notre argent?" en est une autre.....
jeudi 24 juillet 2008
Un autre modèle de développement : les ECO-QUARTIERS

Dans un contexte mondial d’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre, de menaces d’extinction d’espèces entières, d’épuisement de matières premières non renouvelables, de généralisation des inégalités entre pays et à l’intérieur des pays, d’urbanisation accélérée au détriment des zones rurales, est apparue le concept d’ »empreinte écologique »
Parallèlement, l’explosion des prix du pétrole et des énergies fossiles associées, l’augmentation généralisée des distances domicile-travail (et le « mitage » urbain qui en est la cause principale), les problèmes de santé publique liés aux déplacements routiers et à l’engorgement des villes, ont fait apparaître la nécessité de « repenser » l’urbanisme et la mobilité.
Les « révoltes des banlieues » récurrentes, la discrimination et la ghettoïsation de certaines populations, l’apparition d’une classe de « nouveaux pauvres » (salariés ou non), les difficultés liées à la baisse du pouvoir d’achat associées à la hausse simultanée des prix alimentaires, des logements et des loyers, ont fait apparaître la nécessité de « décloisonner » les catégories sociales.
La possibilité de décentraliser la production d’énergie thermique et électrique en utilisant des énergies alternatives, les économies générées par une nouvelle conception des constructions, l’utilisation de nouveaux matériaux et l’adoption d’autres comportements, de nouvelles normes d’excellence (HQE, THPE, etc…) permettent dès à présent la mise en chantier de bâtiments « basse consommation » voire « à énergie positive ».
Les « éco-quartiers » encore appelés « quartiers durables » ont l’ambition de répondre à l’ensemble de ces préoccupations à la fois sociales, économiques, environnementales et politiques en les abordant en terme « d’approche globale », donc forcément de manière pluridisciplinaire.
L’un des plus connus (et des plus anciens) éco-quartiers est celui de BeZed (Beddington Zero Energy (fossil) Development), au Royaume Uni. Bâti sur un ancien site houiller de 1,7 ha, BedZED rassemble une variété de lieux : 82 logements, 2 500 m2 de bureaux et commerces mais aussi un espace communautaire, une salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre médicosocial, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant.
Loin d'être réservé à une élite piquée d'écologie, BedZED affiche aussi un « patchwork » social. Pour plus d’information, voir le site : www.bedzed.org.uk Depuis, d’autres quartiers durables ont fleuri en Europe :
• Bo01 à Malmö, en Suède
• Hammarby Sjöstad à Stockholm, en Suède
• Vesterbro à Copenhague, au Danemark
• Vauban à Fribourg, en Allemagne
• Kronsberg à Hanovre, en Allemagne
Ainsi que Leidsche Rijn à Utrecht, Fornebu à Oslo, Vikki à Helsinki et Pankow à Berlin, …..
Au niveau mondial les projets ne manquent pas non plus….. jusqu’à atteindre des niveaux de plusieurs dizaines de milliers d’habitants (« Mountain View » en Californie, “Ecotowns” au Royaume Uni, « Dongtan » en Chine, dont s’est inspiré le « rapport Attali » en France pour préconiser les Ecopolis) qui posent question quant au risque d’étalement urbain et de construction d’infrastructures routières…… ce qui va à l’encontre des objectifs poursuivis par le concept même d’éco-quartier !
La France, longtemps en retard dans cette affaire, sous l’impulsion des collectivités locales et territoriales, rattrape son handicap à marches forcées….. en ayant l’intelligence d’essayer de tirer profit des expériences européennes antérieures, ce qui peut aboutir en finale à des mises en œuvre intéressantes.
Les projets français en cours de réalisation sont détaillés sous forme de fiches sur le site du Ministère de développement Durable http://www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr/
Les élections municipales récentes ont aussi vu nombre d’éco-quartiers intégrés dans les programmes des candidats. Combien seront réalisés ? Ce sera intéressant de le savoir…. D’autant plus que ces mêmes équipes ne sont pas forcément au point quant aux principes à respecter, aux conditions de la réussite et aux performances à atteindre…. ce que nous allons essayer de vous faire partager ci-dessous :
Quels principes guident l’ensemble de ces projets et doivent constituer autant de repères de différentiation par rapport à d’autres réalisations (« lotissement écologique » par exemple) ?
1) La volonté de mixité sociale
Chaque quartier doit être considéré comme un écosystème social qui assimile différentes
catégories d'individus, de modes de vie, d'activités ou de cultures.
En ce qui concerne les logements, une répartition optimale consiste à offrir à la fois des logements locatifs, des logements en accession à la propriété, des logements en accession libre, une ou plusieurs structures dédiées (personnes âgées, personnes handicapées, etc…) :
. présentant une qualité architecturale de même niveau d’excellence
. mais avec une typologie diversifiée (collectifs, individuels groupés, intermédiaires)
La volonté de favoriser la mixité doit aussi se traduire concrètement par la création de lieux conçus pour favoriser la rencontre entre habitants : place, parvis, aire de jeux, local d’animation, etc….
2) La nécessaire mixité fonctionnelle
Selon cette notion d'écologie humaine, le quartier doit pouvoir offrir des services et des infrastructures de base accessibles à tous et doit pouvoir, par ailleurs, s'adapter à des aspirations et à des contraintes sociales en perpétuelle mutation.
Des commerces (en particulier des « magasins de vente directe de produits agricoles »), de l’artisanat, des entreprises, des services publics et privés, des activités d’accompagnement et d’animation doivent faire partie intégrante de la conception même d’éco-quartier : il n’y a pas de mixité sociale sans mixité fonctionnelle.
3) La participation citoyenne
Au-delà du traitement des thématiques environnementales, économiques et sociologiques, la réussite de l'aménagement de ces quartiers repose également sur l’indispensable participation de tous les acteurs de l’éco-quartier.
En effet, la participation, l'information et la formation de tous sont indispensables pour que les principes du développement durable soient bien compris et appliqués.
En particulier,
- il est important d’inciter les entreprises installées à adhérer à la démarche d’éco-quartier dans un esprit d’éco-citoyenneté et d’exemplarité : démarches de management environnemental, plans de déplacement d’entreprise, …..
- les habitants et les gestionnaires des logements, mais aussi les acteurs économiques, devront être informés des dispositifs environnementaux du quartier et des « gestes verts » à intégrer.
- Organisation de réunions d’information de tous les acteurs…… et cela très en amont du projet, le plus tôt possible
- Sensibilisation environnementale individualisée sur site, logement par logement, structure par structure, afin d’expliquer aux futurs habitants le fonctionnement et les dispositions environnementales.
Il convient également dès la phase d’étude de réfléchir sur le long terme à l’efficacité d’une mise en place de dispositifs permanents de participation qui permettront de pérenniser dans le temps la démarche d’éco-quartier et de la partager avec les nouveaux arrivants.
L’objectif est de favoriser chez tous les résidents de l’éco-quartier l’émergence d’un mode de vie éco-citoyen, et d’optimiser en termes d’amélioration continue les performances environnementales des équipements et bâtiments du quartier.
En particulier, la question : « QUELLE structure (association bénévole de quartier ou permanent(s) salarié(s) va se charger de cette pérennisation dans le temps ? » doit être résolue…
Ce sont ces trois premiers éléments : mixité sociale, mixité fonctionnelle et participation citoyenne qui distinguent les éco-quartiers de toutes les autres réalisations, fussent elles écologiques.
4) La densité
Une conception environnementale durable s'appuie sur des notions de ville “courtes
distances” ou ville “compacte”.
Ce modèle suppose une utilisation plus efficace des sols qui s'appuie sur la recherche d'un équilibre entre le logement, l'emploi, les équipements de service et la promotion de la mobilité intermodale : marche, vélo, transports publics.
La traduction directe en est une série d'avantages économiques et sociaux. La réduction drastique du trafic automobile au profit des déplacements doux et des transports en commun est une des composantes de ces quartiers qui privilégie l'économie d'espaces et améliore qualitativement la vie au sein des îlots.
Il s’agit en somme de valoriser l’espace plutôt que l’exploiter
5) La réduction de « l’empreinte écologique »
Développée au début des années 1990 par William Rees et Mathis Wackernagel, l’empreinte écologique mesure la surface biologiquement productive nécessaire pour produire les ressources consommées par une population donnée (individu, ménage, commune, région, pays, humanité dans son ensemble), et absorber les déchets qu’elle produit.
Cette surface est comparée à la surface productive effectivement disponible (biocapacité), ce qui permet d’estimer si les limites naturelles sont dépassées ou non.
Il faut savoir qu’actuellement l’empreinte écologique de l’humanité est supérieure de 20 % à la biocapacité de la planète !
Autrement dit notre génération actuelle vit « à crédit », à la fois sur le dos de ses propres enfants et sur celui d’autres pays (qu’elle maintient « de force » dans un état de déficit écologique et économique permanent).
Par exemple, l’empreinte écologique de la France (5,6 hectares par personne) dépasse sa capacité biologique nationale (3,0 hectares par personne).
C’est donc un DEVOIR des collectivités, mais aussi de toutes les parties prenantes (aménageurs, promoteurs, lotisseurs, constructeurs, entreprises) de chercher à réduire cette empreinte écologique de toutes les manières possibles.
Dans un éco-quartier, quels sont les modes d’action qui sont privilégiés :
- les technologies relatives au bâtiment : orientation, matériaux, enveloppe, isolation, aération,….
- les technologies relatives à l’énergie : énergies renouvelables intégrées, réseaux de chaleur,
- l’optimisation des flux : les déchets (prévention, recyclage, compostage), l’eau (gestion des eaux pluviales, récupération, évacuation, imperméabilisation, assainissement, ….)
- l’optimisation des déplacements : stationnement, modes de déplacements « doux », auto-partage, accessibilité et fréquence des transports en commun, etc….
- le comportement des résidents : éviter le gaspillage à tous les niveaux, intégrer les économies d’énergie et de matières dans les actes quotidiens, trier et recycler
6) L’aspect paysager
Il est important de faire en sorte que le quartier soit attrayant, qu’il « donne envie » d’y vivre et d’y maintenir une qualité de vie :
- Créer une « Mise en scène » de l’eau : bassins, fontaines, jardins d’eau, ….
- Créer des « maillages verts » intégrant différentes espèces végétales et privilégiant les espèces locales
- Créer des « continuités vertes » : squares, grandes pelouses, rues piétonnes, noues, etc…. en y intégrant aussi les espaces verts privatifs tels que jardins, toitures végétalisées…,
Du « quartier durable » au « quartier désirable » il y a plus qu’un pas, il y a une volonté de tous, du politique à l’habitant en passant par les concepteurs, les entrepreneurs et les animateurs.
IMPLICATION REGIONALE ET LOCALE DU NORD PAS DE CALAIS
Le Nord Pas de Calais n’est pas en reste de toutes ces évolutions. Il est difficile de tout citer dans cet article, et le site du Ministère ne présente aucun projet pilote ( ???). Et pourtant sur Douai, le « quartier du Raquet », donne un bon exemple de typologie de constructions diversifiées …… !! Pour plus d'informations à ce sujet, cliquer sur : http://ledouaisis.free.fr/raquet.php?page=100.
Je me suis informé au niveau de Lille Métropole Communauté Urbaine –(LMCU), là où je réside, quant aux projets qui doivent voir le jour :
- une dizaine ont dores et déjà leur « chargé de mission LMCU » qui va les accompagner d’un bout à l’autre : « Les Rives de la Haute Deule » à Lille (Parc EuraTechnologies »), « Tournebride » à Capinghem (Armentiérois), « La Zone de l’Union » (Roubaix-Tourcoing-Wattrelos), « Le Nouveau Mons » (Mons-en-Baroeul), « Quartier Vauban » à Lille, « La Cessoie » à Lambersart, « Le Quartier Sainte Marguerite » à Comines, « Le Site du Vieux Canal » à Haubourdin, « La Zac de la Porte de Valenciennes » à Lille, des réhabilitations de friche (« Friche Moslay », friche « FCB »), etc….
- des outils ont été mis à disposition de l’ensemble des parties prenantes de ces projets : . une « Charte des Eco-Quartiers » qui, en plus de respecter tous les principes généraux énoncés ci-dessus, en approfondit la démarche, les repères méthodologiques et techniques, et indique les niveaux d’excellence à atteindre dans tous les domaines.
. un « cahier méthodologique » qui approfondit toutes les étapes du projet
. les exemples détaillés et imagés des réalisations européennes citées plus haut
- les aides qui peuvent être obtenues pour les études, l’assistance à maîtrise d’ouvrage, les surcoûts d’investissements, voire la sensibilisation-formation-animation auprès des habitants, en respectant certains niveaux de performance énergétique des bâtiments
- des ambitions sont clairement affichées :
. « Les Rives de la Haute Deule » sont une opération-pilote qui doit servir de test à un futur référentiel sur l’Aménagement urbain labellisé « Développement Durable ». Une « Charte d’objectifs »spécifique a d’ailleurs été élaborée. Pour en savoir plus, cliquez ICI
. l’association « HQE » sera associée à nombre de ces opérations : en collaboration avec l’AFNOR, des normes sont en cours de formalisation afin de labelliser les démarches dans les secteurs individuel, collectif et tertiaire.
. LMCU a également en projet de créer un véritable « label éco-quartier » qui pourra servir de référence nationale….
Il convient cependant de noter que pour l’instant aucun bâtiment n’est encore sorti de terre : les 2 projets les plus avancés (« Les Rives de la Haute Deule » et « Tournebride ») en sont au « plan masse », les autres au stade des études.
En moyenne, il faudra compter plusieurs années de pouvoir analyser une opération complètement achevée (voire 15 à 20 ans pour le bouclage complet de projets importants)
Il sera intéressant de s’intéresser à un ou deux projets précis, de les suivre dans le temps pendant toutes ces années, de les comparer et d’en tirer des conclusions…..
Pour terminer, je voudrais militer pour une cause dont on ne parle pas, ou peu : les éco-quartiers ruraux. Tous les projets connus jusqu’ici portent soit sur des quartiers de ville réhabilités ou en extension, soit sur des lotissements écologiques.
Je voudrais porter au nom des Amis de la Terre les bénéfices qui peuvent être tirés de l’extension de ce concept aux zones rurales :
- toutes les valeurs, la démarche, les performances (en particulier énergétiques) peuvent être portées par les équipes municipales en place, pourvu qu’elles puissent bénéficier du même accompagnement et des mêmes aides financières que les grands projets urbains
- l’éco-quartier, dans sa dimension sociale, permet aux équipes en place de participer à l’offre de logements sociaux, au titre de la solidarité nationale, alors même qu’ils n’y sont pas tenus légalement.
- la réduction de l’empreinte écologique, dans toute sa dimension solidaire, prend d’autant plus de sens que les terrains agricoles, dans l’optique volontariste d’une agriculture « durable » plutôt que « raisonnée », deviennent un bien précieux qu’il convient de préserver du « tout béton »
- en augmentant la densité de construction (donc le nombre de résidents), en implantant des entreprises et des services (dont, encore une fois, l’auto-partage !), il est ainsi possible de présenter une alternative à l’incohérence des décisions d’aménagement du territoire et à la désertification rurale : maintien des résidents, des écoles, des services publics, image d’innovation, de dynamisme et aussi de solidarité sociale.
mardi 29 avril 2008
VOUS NOUS AVEZ LAISSE TOMBER
Nous étions quatre des « Amis de la Terre-Nord » ce samedi sur la Grand’Place de Lille, aux côtés de Greenpeace, pour que le public se rappelle qu’il y a 22 ans la pire catastrophe survenue dans le domaine nucléaire civil a eu lieu en Ukraine, dans la centrale Lénine de la ville de TCHERNOBYL.
Cette catastrophe aurait pu être bien plus grave si des centaines de milliers d’hommes n’avaient pas sacrifié leur vie ou leur santé pour que les 3 autres réacteurs de cette centrale n’explosent pas eux aussi.
Je ne vais pas rappeler ici les circonstances et les conséquences de cette catastrophe : je vous invite à suivre le lien http://www.chernobyl-day.org/spip.php?rubrique14
Par contre, je vais insister sur un certain nombre de points :
1) En rapport avec l’énergie nucléaire
a) La désinformation systématique : envers et contre tout le « lobby du nucléaire » continue, avec l’appui du gouvernement, à prétendre que le nucléaire est LA solution pour à la fois faire face à l’accroissement de la demande mondiale d’énergie et au défi du dérèglement climatique.
C’est complètement faux, pour au moins 2 raisons :
. si la demande mondiale se poursuit sur la même courbe tendancielle, toutes les énergies mises bout à bout n’y suffiront pas. Bon gré mal gré, la seule solution est la diminution drastique de la demande….. donc les économies d’énergies….. donc, en fait, la vente de « Négawatts », de diagnostics et de conseils plutôt que de Kwh
. pour une fois, la dérive financière et fiscale du modèle de développement dominant la planète nous est favorable : entre la décision de construite une centrale et sa mise en service il faut compter une dizaine d’années ; et dix ans aussi pour la démanteler. L’énergie en Europe et presque partout dans le monde a été privatisée…. et les entreprises privées sont axées sur la rentabilité à court terme et le retour investissement le plus rapide possible… ; incompatible avec ces délais. Seuls les Etats sont encore capables d’investir (directement ou indirectement en soutenant les investisseurs) sur des périodes aussi longues…. mais le dumping fiscal planétaire et la multiplication des paradis fiscaux les prive chaque année un peu plus des recettes nécessaires au maintien de leurs services publics.
. donc, dans la réalité, on en est à se demander si « on » va seulement pouvoir remplacer les 435 réacteurs existant au niveau mondial (58 en France). Et ce ne sont pas les quelques-uns que l’on vend (avec bien du mal) en Chine ou ailleurs qui changeront quoi que soit à cet état de fait.
b) Quant au dérèglement climatique, le plus ambitieux programme de construction de centrales nucléaires (qui s’appelle SUNBURN) ne permettrait de réduire que d'un pourcentage minime les émissions de gaz à effet de serre planétaires et ne représenterait au plus que 2,5 % de l’énergie finale mondiale, au prix de risques insensés au niveau des populations.
En revanche, les dérèglements climatiques (canicules, inondations, ouragans, tsunamis...) mettent dès aujourd'hui en péril l'étanchéité des stockages de déchets radioactifs et la sûreté (refroidissement) des centrales nucléaires (chaque été EDF est obligé de demander des dérogations aux limites de rejet dans les cours d’eau……)
c) Les gouffres financiers que constituent les utopies technologiques de « réacteurs de génération IV « ou ITER, (lien vers Les Cahiers de Global Chance n° 20 http://www.global-chance.org/spip.php?article40) en mobilisant 80 % des crédits de recherche énergétique, freinent considérablement les avancées dans le domaine des énergies alternatives.
Malgré cela chaque mois apporte de bonnes nouvelles : les dernières en date portent sur les « centrales solaires à concentration » qui dans un avenir très proche pourront concurrencer techniquement, économiquement et proprement ce nucléaire tant vanté…
d) Je ne m’étendrai pas ici sur les risques sanitaires et de prolifération à usage militaire, mais il y aurait beaucoup à dire…..
e) Par contre, je rappellerai cet incroyable déni démocratique qui a consisté à prétendre pendant plusieurs semaines que le nuage de Tchernobyl avait épargné la France. On a vraiment pris les Français pour des enfants ! Et ils recommencent aujourd’hui (voir ci-dessous)
2) En relation avec d’autres domaines
Comment se fait il qu’à l’inverse d’autres pays qui ont des projets très sérieux de « sortie du nucléaire » dans des conditions acceptables, la population française soit aussi « passive » devant les affirmations du lobby nucléaire et du Gouvernement ?
Poser cette question ouvre automatiquement la porte à plusieurs autres. Pourquoi également cette passivité devant :
- les affirmations du lobby agro-semencier à propos des OGM : « ils » refont le « coup du nuage » en affirmant que le vent et les insectes ne passeront pas les frontières (quelques dizaines de mètres) qui séparent champ OGM d’un champ Non OGM…. et ça marche !
- le vote actuel sur ces mêmes OGM au Parlement : comment ose-t-on faire passer les intérêts de quelques firmes avant l’intérêt général ?
- la contamination par les pesticides (oh, pardon, les « produits phyto sanitaires ») de l’air, de l’eau, de la terre…. et de nos aliments,
- les conditions effrayantes dans lesquelles notre espèce humaine élève d’autres espèces (porc, volaille, ….) pour soi-disant se nourrir, mais en fait pour maximiser les profits
- le déferlement publicitaire et marketing, parfois mensonger (le « Greenwashing » par exemple) de produits dont nous n’avons pas vraiment besoin
- les catastrophes climatiques qui chaque année déferlent sur nos écrans, souvent dans les mêmes pays (comme par hasard les plus pauvres), qu’on se garde bien de corréler aux gaz à effet de serre dont mondialement les émissions continuent à croître
- la misère humaine et sociale de centaines de millions d’êtres humains, cachée derrière les visages heureux de quelques centaines de milliers de « nouveaux élus de la classe moyenne » qui consomment et qui voyagent de par le monde
- la faim et la malnutrition endémiques, le manque d’eau potable de plus de 2 milliards d’hommes et de femmes
- les « révoltes de la faim » de ces dernières semaines, qui concernent plus de 30 pays dans le monde
- etc….. la liste pourrait encore considérablement s’allonger….
-D’ailleurs, plus près de nous, qui est vraiment indigné de l’incroyable galère que doivent subir nos jeunes avant d’obtenir un emploi stable, ou de celle du quadragénaire pour se faire réembaucher après un licenciement ? Et pourtant, de tous les pays « riches », c’est la France qui maltraite le plus ces 2 catégories de salariés….. mais il est vrai qu’aucun pays n’a autorisé des prises de participations pareilles (environ 60 % du CAC 40) de ses fleurons économiques. Sans compter toute la différence bien française entre « administrer » et « gérer » les ressources humaines…..
- Et combien sont écoeurés du montant de la dette publique française, qu’il faudra bien honorer un jour….. ou botter en touche à nos descendants ?
Je suppose qu’un sociologue (ou un psychologue) pourrait donner des explications plus rationnelles ou plus détaillées que celle qui me vient à l’esprit.
Lors de différentes discussions au sortir de conférences-débats, petit à petit, j’en suis venu à cette conclusion un peu effrayante : le Français a été sensibilisé à l’écologie (Al Gore, Nicolas Hulot, la Présidentielle, le Grenelle), il comprend un certain nombre de problématiques, mais….de là à agir il y a encore un sacré pas, parfois même un abîme !.
La force des habitudes, des certitudes, des préjugés, le maintien du confort acquis ne facilitent pas le passage à l’acte, à l’engagement…. sauf en des circonstances exceptionnelles (Tsinami). Encore ne s’agit il que de dons, pas de changements de comportements
Et les « générations futures », dans tout ça ? Parce qu’enfin, ce sont en fait nos enfants et nos petits-enfants actuels, que l’on peut regarder « les yeux dans les yeux » qui vont devoir payer la note de l’effondrement de l’équilibre climatique et des écosystèmes (qui amènera inévitablement l’effondrement du système économique), de la contamination par les pesticides et les autres produits chimiques, du stockage des déchets nucléaires et du gaz carbonique dans le sous-sol, des « rebellions de la faim », etc…., etc….
Alors, il m’arrive parfois de faire la relation entre :
- tout ce que je viens d’écrire
- le fait qu’à chaque enquête les jeunes répondent majoritairement qu’ils vient l’environnement et la misère plutôt continuer à se dégrader que s’améliorer
- et certaines pratiques qui viennent défrayer régulièrement la chronique concernant la jeunesse, sans même parler des révoltes des banlieues : usage très répandu de drogues de toutes sortes, s’énivrer jusqu’au coma, rodéos de motos ou de voitures, jeu du « foulard », auto-mutilation et suicides, etc…..
Et si, devant ce fardeau que nous leur laissons sur le dos, dans un monde prévisible que nous-mêmes nous n’aurions pas voulu à leur âge, c’était une forme d’accusation : VOUS NOUS AVEZ LAISSE TOMBER !
Et la dernière question (c’est une affiche de ma fille, 16 ans) :
lundi 31 mars 2008
AGRICULTURE

Manifestation anti-OGM – Lille le 29 Mars 2008 -
Ci-contre les 4 faucheurs (le premier, à partir de la gauche, malheureusement hors-cadre) qui devront comparaître, comme les 54 autres, les 8 et 9 Avril, au Tribunal de Chartres, pour avoir détruit une parcelle de maïs génétiquement modifié le 18 Août 2007, à Poinville (Eure-et-Loir).
Ce sont des gens courageux, et leur prise de parole a été très applaudie.
J'y étais, avec 6 autres membres des Amis de la Terre-Nord, afin de faire en sorte que la voix des citoyens, majoritairement opposés à la culture des OGM en plein champ et à leur commercialisation, soit entendue des députés, lors du vote de la loi le 1er Avril 2008.
Le fait d'avoir relégué la société civile, présente dans le Haut Conseil des Biotechnologies, au rang de simple producteur de « recommandations », laissant le Comité Scientifique seul émetteur d'avis autorisé, nous contraint une fois de plus à « battre le pavé » pour nous faire entendre. Mais où est donc l'esprit du Grenelle ?
Je voudrais à l'occasion de cette manifestation vous faire part de quelques réflexions :
On nous qualifie (nous les organisations écologistes, ainsi que les faucheurs volontaires) souvent de « rétrogrades », réfractaires au « progrès ».
Mais à quoi sert le progrès ?
Si c'est pour bâtir un monde dominé par la « science toute puissante » (le scientisme) par la mainmise sur l'alimentation humaine par quelques firmes transnationales, par la concentration des produits chimiques de synthèse dans l'air, l'eau et la terre, alors nous n'en voulons pas. Nous n'en voulons pas nos plus pour nos enfants car ce monde-là possède une caractéristique bien particulière : il n'est plus réversible à l'échelle d'une vie humaine.
Personne ne sait jusqu'où et jusque quand la contamination des cultures par les OGM peut proliférer, ni l'action à long terme de ces gènes modifiés, dans le corps humain. Les scientifiques ont en réalité « perdu le contrôle ».
Nous constatons de plus que les semences OGM non seulement ne suppriment pas les « produits phyto sanitaires »( les pesticides !) mais systématiquement en augmentent l'utilisation au bout d'un certain temps.
Personne ne connaît plus les interactions d'une molécule chimique avec les quelques 100 000 qui existent déjà dans notre environnement. Il est actuellement impossible de fournir une évaluation générale de ces interactions !
Personne ne connaît non plus les effets à long terme dans le corps humain des nano-aliments, ces nouveaux matériaux à l'échelle de l'atome, que l'on est en train d'introduire dans nos aliments, à notre insu.
Nous constatons seulement la prolifération des maladies cancérigènes et des cas d'infertilité... sans même que l'on puisse l'attribuer maintenant à un facteur précis.
Nous constatons aussi que, dans le domaine agricole et alimentaire, ce ne sont ni les agriculteurs ni les consommateurs qui bénéficient de ce soi-disant progrès, mais principalement les semenciers, les industries chimiques et agro-alimentaires et tous les intermédiaires.
Nous constatons aussi que le fameux principe «d'équivalence en substance» qui « interdit d'interdire » la vente d'un produit OGM par rapport à un produit semblable aux yeux du consommateur, n'est fondé sur aucune justification scientifique.
Le consommateur, justement, n'a aucune considération des pouvoirs publics, ce qui est un comble : celui-ci est considéré comme un cobaye, on introduit des substances chimiques, des gènes modifiés ou des nano-particules dans son alimentation, sans lui donner l'assurance d'une inocuité maximale, comme on le fait pour les médicaments.
Nous constatons que le principe de la concurrence loyale et non faussée n'est pas respecté : les aides à l'agriculture durable ou biologique ne sont pas comparables à celles de l'agriculture « raisonnée », toute la recherche est orientée vers les biotechnologies, très peu vers l'agronomie.
Nous constatons que la fuite en avant qu'on nous annonce : des OGM qui résisteront à la fois à la sécheresse, à la salinité des sols, à plusieurs maladies ou à plusieurs insectes .... est du domaine des « utopies technologiques » et ne mène à rien.
Et pourtant, d'autres scientifiques nous disent qu'il faudra que l'agriculture s'adapte aux changements climatiques, qui seront sans aucun doute importants parce que très rapides. Et que la solution réside dans la diversité des semences à adapter à la diversité des terroirs et des situations, pas dans des manipulations du vivant!
Nous voulons réintroduire de l'intelligence, du bon sens, de l'Humanisme (au sens de l'espèce humaine dans le respect des autres espèces et de son environnement) et proposer des alternatives en prolongement de la recherche agronomique, des bonnes pratiques actuelles et des protocoles techniques adaptés aux changements qui viennent.
En ces sens, nous sommes des PROGRESSISTES..... qui doivent aussi prendre la posture de RESISTANTS à ce mode de développement qui dérive depuis maintenant plusieurs décennies.
Ce n'est pas la planète que nous défendons, mais l'espèce humaine..... à travers ce qu'elle a de plus précieux : sa santé..... et donc une alimentation SAINE et VARIEE.
Mais, en complément des pouvoirs publics, il faut aussi convenir que les consommateurs doivent changer : on ne peut pas exiger qu'un produit ait la même apparence s'il est traité sans pesticides et sans OGM. La « beauté » a un prix trop important. Mieux vaut le goût et les calories, dans une vraie variété.
Il faut aussi comprendre que l'agriculteur doit recevoir la juste rémunération de son travail... et qu'il faut par conséquent gérer autrement la manière de s'approvisionner..... et son porte-monnaie.
mercredi 12 mars 2008
ALIMENTATION

Chaîne ARTE – 11/03/2008, 21 h- Documentaire « Le monde selon Monsanto » de Marie Monique ROBIN
http://www.arte.tv/fr/LemondeselonMonsanto/1930194.html
Beaucoup de réseaux, sur Internet, avaient recommandé la projection de ce documentaire-évènement, et effectivement c’était édifiant !
Qu’est ce qui me vient à l’esprit après l’avoir visionné :
- tous ces témoignages, du fermier américain au paysan brésilien, des lanceurs d’alerte aux scientifiques « intégrés » par les grandes firmes, des hommes politiques aux consommateurs,
- toutes ces images d’hommes et de femmes, de produits agricoles et de paysages variés, associés à celles des laboratoires et de leur matériel, des bidons et des pulvérisations (rampes et avions) de pesticides, des conséquences sociales et environnementales de l’utilisation des OGM sur plusieurs années,
- et aussi ce débat où un syndicaliste (J. Bové), un chercheur « lanceur d’alerte » (Ch. Velot) et une députée européenne (Dr R. Sommer) ont énoncé leurs arguments ???
De multiples sentiments, en fait, que je vous donne en vrac :
- la tricherie :
. vis-à-vis du consommateur, que l’on prend comme cobaye alimentaire sans son assentiment (comme aux Etats-Unis, où il est interdit de mentionner « OGM » sur les emballages), ou que l’on trope par des affirmations mensongères de type « biodégradable »
. vis-à-vis de l’agriculteur, qui se retrouve ligoté à une technologie complète (semences brevetées + engrais obligatoire + fongicides obligatoires à doses croissantes au fil du temps) et peut finir acculé à la ruine
. vis-à-vis du citoyen à qui on fait croire que les autorités sanitaires, alimentaires et politiques, ont effectué les contrôles garantissant l’innocuité de la mise sur le marché
. vis-à-vis des générations futures que l’on place devant l’irréversibilité de la contamination des semences OGM et la disparition de la biodiversité des semences
- le manque d’éthique :
. Monsanto représente le modèle de dérive du mode de développement à la fois économique et sociétal qui sévit depuis une vingtaine d’années : tous les coups sont permis pourvu qu’on atteigne la maximisation sans fin du profit
. la manipulation des données scientifiques ou la dissimulation de résultats non conformes
. la publicité mensongère vis-à-vis du public, aussi bien dans les affirmations concernant le produit que dans la confusion entretenue entre les recherches à caractère médical (qui ne peut qu’être favorisée, à condition d’être confinée) et les recherches à caractère alimentaire
. les soupçons de dissémination volontaire de semences OGM dans les champs de pays ayant refusé ceux-ci, les plaçant ainsi devant le fait accompli
. le recours à des méthodes discutables pour protéger à tout prix leurs brevets ou faire taire les opposants et les « lanceurs d’alerte »
- la puissance, aussi :
. la puissance marketing et commerciale, établissant un quasi-monopole sur certains produits d’alimentation humaine et animale
. la puissance financière, avec le rachat systématique de semenciers et d’industries agro-alimentaires, dont on peut se demander s’il n’y a pas une volonté afin de contrôler à terme la majorité de l’alimentation planétaire
. la pénétration du milieu politique, particulièrement américain, mais en fait sur tous les continents (même l’Europe a bien du mal à résister !) et les allers-retours dans les instances gouvernementales les plus influentes
. les armées de scientifiques à leur service, prompts à entretenir les citoyens- consommateurs dans l’illusion que la science pourrait tout résoudre pourvu qu’on lui en donne les moyens (ce qu’on appelle le « scientisme ») et prompts aussi à contrer les « lanceurs d’alerte », généralement des chercheurs, qui médiatisent leurs désaccords.
- l’impunité :
. il est incroyable que les responsables de la firme n’aient jamais été inquiétés pour leurs agissements, que l’on peut qualifier de criminels, par exemple lorsqu’on fait le bilan de l’intoxication par les PCB qu’a subie la ville d’Aniston, aux Etats-Unis.
. il est incroyable que l’on continue encore aujourd’hui à admettre de cette firme un manque de transparence total sur les essais qu’elle effectue, compte tenu de son historique.
. il est incroyable aussi que les fonctionnaires de la FDA (Food and Drug Administration) n’aient jamais été inquiétés pour avoir osé affirmer « qu’il n’y avait aucune différence entre les plantes OGM et les plantes croisées de façon classique », donnant ainsi naissance à une législation laxiste qui s’est imposée sur toute la planète.
Je comprends maintenant d’où vient ce fameux principe « d’équivalence en substance » dont se prévalent en particulier les Etats-Unis, le Canada et l’Argentine qui ont traîné en Mai 2003 l’Europe devant l’instance de justice de l’OMC (l’ORD) pour lui imposer d’autoriser l’importation des semences OGM (1)
- et enfin, la honte :
Je dois dire que je suis HONTEUX que les politiques aient encore une fois fait prévaloir des intérêts particuliers sur l’intérêt général et sur celui des générations futures. Une fois de plus, la POLITIQUE ne sort pas grandie de cette enquête-coup-de-poing, et pourtant c’est bien d’une nouvelle éthique dont le monde a besoin.
Par ricochet, je ne suis pas fier des sénateurs de mon pays (il est vrai que ces gens, n’étant pas élus au suffrage direct se sont permis d’être seulement 20 à assister à l’ensemble des débats !) car ils ont entre autres « légalisé » la contamination de l’ensemble des cultures et dégagé la responsabilité des producteurs et des semenciers…. dont Monsanto, par avance. Pour un résumé complet, voir l’article de Corinne Lepage sur le site de CAP 21 : http://www.cap21.net/dynamic/compress.php?cp=756
Alors, que faire ? Quelques pistes :
- dénoncer autour de soi l’hégémonie de cette firme et sa collusion avec les politiques
- soutenir l’agriculture durable, paysanne et biologique : les consommateurs n’ont pas assez conscience de la puissance qu’ils ont de par leur choix d’achats
- soutenir les « lanceurs d’alerte » et les « faucheurs » : loin d’être des inciviques, ces personnes sont des « ouvreurs de conscience » (comme il a été dit pendant le débat qui a suivi le documentaire). En particulier, voir le site http://sciencescitoyennes.org/spip.php?rubrique117 pour soutenir Christian Velot, participant au débat.
- soutenir la campagne « OGM, j’en veux pas, ni dans mon assiette, ni dans les champs » et interpeller les parlementaires avant le vote de la loi, prévu pour Avril 2008 : voir le site http://www.ogmdangers.org/
- « Décider du monde que l’on veut » c’est aussi obliger la science à devenir plus démocratique, plus proche des citoyens en refusant de les mettre devant le fait accompli
Bref, RESTER CRITIQUE, RESISTER et INFLECHIR par ses choix personnels et collectifs ce qui peut sembler inéluctable face à cette (ces) puissance(s).
(1) Il faut savoir que, suite à un recours légal des Amis de la Terre, la Commission Européenne a été obligée de publier en, 2006 de nouveaux documents qui éclairent les faits d’une manière nouvelle. En effet, pendant que la Commission tenait un discours pro-OGM à ses Etats membres et à leurs citoyens, elle affirmait au sein de l’OMC, dans le litige en cours, que :
- de sérieux doutes scientifiques existaient quant à la sûreté des aliments et des cultures OGM
- de nouveaux risques complexes étaient en train d’apparaître
- les risques sur la santé humaine et animale ne pouvaient être exclus
- de graves inquiétudes subsistaient quant à la sûreté environnementale dans le cadre des cultures OGM
- les risques environnementaux liés aux OGM variaient en fonction de chaque Région et de son environnement
- les entreprises biotechnologiques avaient fourni des dossiers et des recherches de mauvaise qualité
- la Commission était très réservée concernant les évaluations des risques effectuées par l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments
(source : Rapport « Commission Européenne et OGM, les doutes qu’on nous cache-Révélations sur les réserves de la Commission européenne concernant les OGM » - Rapport réalisé en Avril 2006 par les Amis de la Terre Europe et Greenpeace)
A ma connaissance, entre avril 2006 et Mars 2008, les doutes n’ont fait qu’empirer, les remises en cause par des scientifiques de renom se sont multiplées….
Alors, comment peut on avoir un tel « double langage » ?
.D’un côté on rassure le citoyen en lui assurant qu’on le défend devant l’OMC (plus de 80 % des européens ne veulent pas des OGM)
. De l’autre on rassure aussi les firmes multinationales en autorisant certaines cultures !
vendredi 7 mars 2008
GREEN DRINKS
Soirée « Green drinks » au Café citoyen le mardi 4 Mars, 20 hD’abord, c’est quoi, les Green Drinks ?
Réponse : Des rencontres spontanées et informelles d'acteurs du développement durable autour d'un verre pour discuter, partager des idées, créer des liens, lancer des initiatives, un projet,… ou simplement boire un verre, le tout dans une atmosphère détendue.
Qui participe ? Tous ceux qui sont passionnés par le Développement Durable, qui travaillent, étudient ou ont des projets dans ce domaine (ONG, consultants, associations, entrepreneurs sociaux, étudiants, entreprises…)
C’est national ? International ? : Green Drinks est actif dans plus de 214 villes du monde ! Royaume-Uni, USA, Canada, Allemagne, Pologne, Suède, Pays-Bas, Japon, Australie, Chili, Puerto Rico... et maintenant LILLE !!!
Qui a eu cette idée de déclencher ces sessions sur lille ? C’est Donatien, un jeune étudiant qui revient d’une mission humanitaire en Birmanie, qui est en recherche d’emploi et qui voulait simplement « rencontrer du monde » dans un environnement spécifiquement Développement Durable.
Plantons d’abord le décor :
D’abord le Café citoyen, à Lille, qui nous accueillait ce soir là, mérite d’être connu et reconnu. Allez faire un tour sur leur site http://www.cafecitoyen.org/, avant de vous y déplacer, vous ne le regretterez pas.
Un petit bémol : un oubli nous fait partager la salle du premier étage avec une autre association, bien sympathique par ailleurs (randonnées en vélo)… mais cela provoque un certain brouhaha dans la salle.
Nous sommes 8 pour démarrer : Donatien, Estelle et Marie-Anne (étudiantes), Marie (en recherche d’emploi dans le secteur des Collectivités Territoriales), et nous quatre des « Amis de la Terre » (Les 2 Gérard, Bernard et Florent). Le frère de Donatien nous rejoindra par la suite, ainsi qu’un autre jeune tout à fait à la fin.
Très vite et très facilement, après les présentations de chacun, les conversations s’engagent autour d’un verre de cidre ou de bière sur des sujets qui nous intéressent, sans ordre prémédité, « comme ça nous vient ».
Le bruit nous contraint cependant à des apartés par groupes de 2 ou 3 ; ce qui a empêché d’avoir un aperçu exhaustif de tous les sujets abordés.
Je vais donc vous relater ce qui s’est dit au niveau de ma petite personne :
Les thèmes abordés :
- l’éolien : progrès techniques accomplis, comparaison paysagère avec les pylones électriques
- la dangerosité des lignes à haute tension à proximité des habitations
- la dangerosité de la téléphonie mobile ainsi que des technologies proches (wifi, bluetooth,...)..Rappel : Florent nous a fait parvenir un rapport scientififique là-dessus
- le solaire : problèmes de rendement et de coût actuels, d’intégration dans le bâti pas toujours admis par les services de l’Etat (Monuments de France)
- les matériaux écologiques : terre cuite, pierre ponce, colle et revêtements intérieurs, isolation laine, etc…
- la comparaison entre la démarche HQE et les performances énergétiques HPE et THPE, les coûts, la résistance aux changements des professionnels du bâtiment (et malheureusement en France de beaucoup d’autres….), les prix, le retour sur investissement
- les retraites : quelles seront-elles pour tous ces jeunes (<>l'éducation, la formation, la sensibilisation au Développement Durable en France
. « rupture » dans l’éducation des enfants à partir du collège : la problématique environnement semble prise en compte aux niveaux maternelle et primaire (cf le nombre d’enseignantes présentes en Octobre au salon des outils pédagogiques DD à Lille).
. Ensuite, au lycée et collège , c’est la « boîte noire » et en tous cas rien sur le Développement Durable dans ses différentes composantes.
. Plan National d’Education au Développement Durable (PNEDD) en cours d’élaboration suite au Grenelle de l’Environnement : à suivre, mais nombreuses interrogations sur la formation des enseignants, leur motivation et la nécessité de travailler en équipes pluridisciplinaires (comme dans la vraie vie) sur ce thème afin de l’intégrer à la fois dans les matières enseignées et dans les interactions entre elles. Applaudissements sur l’éducation des touts petits, mais doutes sur la volonté du « bastion » d’aller plus avant….. sauf, ensuite, dans les formations supérieures .
. Formidable effort à fournir aussi dans la formation de toutes ces classes d’âge qui n’ont bénéficié d’aucune éducation depuis des décennies : nécessité d’une mobilisation pédagogique au-delà de l’Education Nationale .
Sentiment : cela semble être une « montagne » à avaler, alors qu’en même temps les pédagogues devront subir les attaques journalières de la publicité et les divagations sur le climat d’individus tels que Claude Allègre…….
Et qu’il s’agit de former des millions de personnes, pas des milliers……
- Le rôle primordial des Collectivités locales :
. Avec l’Administration, elles représentent 15 % du PIB… ce n’est pas rien !
. Elles constituent à ce titre un levier inégalable pour enclencher « au plus près du terrain » la baisse des coûts des éco-matériaux, des énergies renouvelables, de l’alimentation bio, etc…
. Elles peuvent favoriser l’éco-économie locale, intégrer les performances environnementales et prévoir des clauses d’insertion dans les marchés publics,
. sans compter bien entendu leur action concernant l’urbanisme, les déplacements, le traitement et le recyclage des déchets, etc… .
Sentiment : c’est au niveau local que se gagnera ou non la « bataille » des changements comportementaux et de l’intégration du Développement Durable dans le quotidien de chacun. Mais, ici comme ailleurs, la formation (en l’occurrence des élus) sera primordiale….
Fin de la soirée
Il est 22h15, nous levons la séance, contents de cette première rencontre, de ce qui s’y est dit et de la façon dont cela s’est passé.
Une suggestion : pour la prochaine (on convient d’un séquençage mensuel, donc Avril) on débat autour d’un thème…. à trouver et à proposer au préalable.
Une incertitude : Donatien va peut-être repartir à l’étranger. On convient qu’il me transmet son fichier et que je poursuis son projet « Green Drinks » sur Lille.
Un sentiment en les regardant s’éloigner : tous ces jeunes sont diablement conscients de l’impasse du mode de développement actuel, de la gravité des atteintes à aux équilibres climatique, biologique et économiques. ….. sans compter nos retraites et le déficit budgétaire chronique……
Je retiens aussi l’optimisme de Donatien, …….. mais quand même, est ce qu’il est juste de leur laisser tout ça sur le dos ?
LUNDI 17 MARS, AJOUT DE ESTELLE :
. un rappel de ma présentation au groupe et de mes projets à court et moyen terme :
- Estelle Rabiller, étudiante en école de commerce à l'EDHEC Lille,
- Membre de Frères de Sève, l'association de développement durable de l'EDHEC qui organise entre autres le 27 mars 2008 de 13H30 à 20H l'Espace Solid'Air à l'université catholique de Lille, un salon de rencontres et débats sur le thème du développement durable
- Membre de l'Aventure équitable, un projet de voyage en Amérique Latine (6 mois) pour y faire de la prospection et de l'audit dans les secteurs du commerce équitable, du tourisme solidaire et de la microfinance.
. ma perception de la soirée
une soirée très conviviale et intéressante avec de très bons débats
. ce dont j'ai discuté avec mes voisins, dont 1 thème que j'ai particulièrement retenu :
- discussions sur la sensibilisation de la population européenne aux problèmes auxquels la planète fait face et son action
- discussions sur le greenwashing, "un procédé de marketing utilisé par une organisation dans le but de donner à l'opinion publique une image écologique responsable, alors que plus d'argent a été investi en publicité 'verte' qu'en réelles actions en faveur de l'environnement."
- discussions sur les politiques de développement durable de plusieurs villes en les comparant
- discussions sur les différents moyens d'action en faveur du développement durable (que ce soit pour les étudiants ou pour les associations), ce dernier m'a particulièrement plu.
Le jeudi 27 Mars 2008 se déroule à l'Université Catholique de Lille le "Salon des étudiants et du Développement Durable. pour tout connaître de cette manifestation, allez sur le site http://www.freresdeseve.com/
J''attends avec impatience le prochain greendrink!!
mardi 26 février 2008
AGRICULTURE
ALIMENTATIONLes médias parlent abondamment ces temps-ci de la hausse des prix des produits alimentaires, qui pèse sur le « pouvoir d’achat des français », lui aussi sujet à nombre de débats et de propositions en ces temps très « électoralistes »..
A juste titre d’ailleurs, car il faut savoir que cette hausse des produits alimentaires atteint 40 % (en dollars) en 1 an au niveau mondial ! (source J.D. SACHS directeur de l'Institut de la Terre à l'université de Columbia (New York).
Si on écoute les différents protagonistes, on peut retenir que :
1- le prix des matières premières (blé, maïs, lait, etc….) grimpe en fonction de 4 facteurs :
- La hausse des prix du pétrole, qui mécaniquement augmente le coût de l’énergie (chauffage des exploitations et des serres, carburants des engins agricoles, fabrication des engrais et des fongicides, ….), du transport, de la conservation, etc…
- La demande accrue des pays en développement, principalement la Chine et l’Inde qui améliorent leur alimentation et leur consommation de viande carnée (produire 1 kg de viande nécessite entre 7 et 10 kg de végétal), ce qui mécaniquement entraîne une hausse des prix
- les réserves de céréales se trouvent à un niveau historiquement et mécaniquement bas (moins de deux mois de consommation), du fait que depuis 1999 la production mondiale de céréales a été inférieure à la consommation (sauf en 2004)
- Les surfaces agricoles consacrées aux agro-carburants dans le monde, qui sont en progression constante, entraînent mécaniquement une baisse des surfaces disponibles et de l’offre de produits agricoles
Ceci étant dit, on n’évoque que très rarement dans les médias « grand public » :
- le dérèglement climatique et ses impacts, qui ont fait chuter spectaculairement certaines productions agricoles (céréales) : en 2007, sécheresse extrême en Australie et dans l'est et le sud-est de l'Europe, mauvais temps (été pourri !) dans le nord de l'Europe, inondations en Grande-Bretagne, …..
Les pénuries d’eau provoquent aussi dans certaines régions des baisses de rendements endémiques
- la spéculation : les fonds spéculatifs, qui avaient jusqu’à présent délaissé les matières premières agricoles, ont découvert les opportunités que leur ouvraient les risques climatiques»
- le fait que depuis un demi-siècle les prix des produits agricoles sont complètement faussés : subventions massives (la PAC), assainissement de l'eau pris en charge par les ménages, maladies (dont cancers rares) pris en charge par la sécurité sociale, etc...., et qu'un jour ou l'autre il faudra bien en arriver à la "vérité des prix",
- la répercussion sur les pays pauvres : hyper spécialisés pour certaines productions à l’exportation (imposées par les « mesures structurelles » des Institutions financières internationales), ils sont devenus complètement dépendants des importations de produits pour lesquels leur production intérieure s’est effondrée. Ajouté à la hausse du prix du pétrole, ces pays se retrouvent dans une situation impossible…. dont l’illustration extrême est l’exemple d’Haïti, dont une partie de la population en est réduite à manger des galettes faites d'argile et de sel
Par contre, dans ces mêmes pays, les exploitations importantes et les agro-industriels profitent de la hausse des cours mondiaux et de la demande en bioéthanol et autres agro-carburants !
Et alors on ne dit jamais, mais alors au grand jamais, qu’en réalité l’appareil agricole mondial actuel est capable de nourrir quantitativement 12 milliards d’individus. Si vous en avez l’occasion, allez voir le film (je l’ai vu et j’attends qu’il sorte en DVD) « We feed the world – Le marché de la faim », ceci est très bien expliqué et visualisé.
2 – Il est vraiment impossible :
- pour tous les acteurs intermédiaires et en particulier la grande distribution, de baisser ses marges et ses fameux « coefficients multiplicateurs » (vous vous rendez compte, les investissements, l’emploi ;….. !!) et même de négocier avec ses fournisseurs ! (pas les agriculteurs ni les PME, bien sûr, les industriels…..)
- pour nos gouvernants de faire plus que constater qu’il « existe un problème ente le producteur et le consommateur » et dans l’immédiat de réaliser plus que des enquêtes, puis une réforme de loi au printemps. Dans un régime de liberté des prix on se demande d'ailleurs ce qu'ils peuvent vraiment faire...
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je trouve qu’il y a trop de « mécanique » dans ce processus. J’ai la quasi-certitude que tout cela est une énorme opération spéculative qui s’est enclenchée au niveau mondial, de manière simultanée (et c’est tout son « intérêt ») sur les produits agricoles et énergétiques, et qui est amplifiée par un certain nombre d’intermédiaires qui se « servent » au passage.
Et que les couillons c’est encore nous, les consommateurs……ce qui n’est encorerien en comparaison de ce que subissent les pauvres des pays pauvres.
Et je me pose une question : les produits bio ou issus de l’agriculture paysanne ou durable ou de terroir, en tout cas de proximité, ne vont-ils pas devenir moins chers que ce qui est proposé dans les étals des hypermarchés,...... les engrais chimiques, pesticides et une partie du pétrole en moins, la saveur et les qualités nutritives en plus ?
Selon une enquête d’ »OpinionWay de Novembre 2007, seulement un Français sur quatre était prêt à accepter plus de 10 % de hausse des prix alimentaires en contrepartie de produits respectant davantage l'environnement.
Et maintenant que la plaquette de beurre a augmenté de 25 %, les pâtes de 35 % et le lait de 48 %, sur quelques mois, sans que ce même consommateur ait eu son mot à dire, est ce qu’il ne devrait pas reconsidérer la question ?
Je reviens sur ce que j’ai déjà dit, et je le maintiens : recourir aux circuits courts proposés par les AMAP et les circuits de vente directe, re-tisser des liens avec les agriculteurs de proximité…. hé bien c’est moins cher ! Et maintenant j’ajoute : et c’est un moyen à notre portée, à nous consommateurs, de résister à cette spéculation mondiale. A condition aussi d'exiger une réorientation de la PAC vers ce type d'agriculture : aux urnes, citoyens !
Une dernière chose, pour moi qui suis un Européen convaincu (en dépit de quelques dérives de l’Union Européenne, dont actuellement les accords de partenariats économiques en cours de négociation avec les Pays Afrique, Caraïbes et Pacifique …dont l’agriculture et la souveraineté alimentaire sont justement au centre des débats) : il faut savoir que l'euro tant décrié nous rend actuellement un fier service, car les prix de nombreux produits alimentaires et de tous les produits pétroliers évoluent en $. Or la valeur de l'€ ne cesse d'augmenter par rapport au $. Ce qui a pour effet de diminuer le prix relatif de ces produits importés
jeudi 21 février 2008
ENERGIES
Salle comble également en ce jeudi soir 7 Février 2008.
L’association « Virage Energie » nous présente le résumé, sous forme de diapos, de leur travail, qui peut également se décliner sous le titre « Un plan climat sans nucléaire pour la Région à l’horizon 2050 »
Il s’agit de la 3e présentation publique, les précédentes ayant été effectuées dans le cadre des Assises Nationales de l’Energie, à Dunkerque, fin Janvier.
Quelques repères au départ, que nous précise le Président :
- il s’agit de l’aboutissement de plus d’1 an de travaux et de dialogues, avec l’aide d’un Cabinet d’Etudes consultant spécialisé en énergie,
- il s’agissait de bâtir un scénario crédible :
. inscrit dans l’objectif national de division par 4 des émissions de gaz carbonique (le « facteur 4 »)
. tenant compte des potentialités de la Région
. impliquant le non-remplacement des réacteurs nucléaires de Gravelines
. à l’horizon 2050
- D’autre part, ce scénario s’est volontairement calqué (afin de pouvoir faire des comparaisons) sur les hypothèses officielles nationales du scénario « facteur 4 » :
. croissance annuelle de 2,3 %
. maintien de l’industrie lourde (pas de délocalisation et donc pas de transfert des émissions à l’étranger)
. mobilité multipliée par 2
. niveaux de confort équivalent
. etc….
- De plus, les alternatives présentées existent déjà actuellement, en particulier dans des pays plus avancés que la France dans la recherche ou la mise en œuvre d’énergies renouvelables ; il ne s’agit donc pas de science fiction.
Le document de synthèse et le rapport complet sont disponibles sur http://www.virage-energie-npdc.org/Telechargements.htm
Je vais simplement signaler ci-dessous quelques points qui m’ont paru significatifs :
- la Région représente 7 % de la population française…. et 11 % des émissions de CO2
- l’explication se trouve dans la forte représentation de l’industrie (50 %, dont 23 % pour la sidérurgie)
- La Région est la 2e région la plus ventée de France.
Malgré le climat, elle reçoit quand même du soleil, en 1 an, 400 fois plus d’énergie que n’en produit la centrale de Gravelines
- le plan « Virage Energie » implique une DECENTRALISATION MASSIVE de la production d’électricité
- les ingénieurs de Virage Energie et le Cabinet d’études estiment qu’il est possible d’améliorer l’efficacité énergétique de 40 % dans l’industrie, en particulier au niveau des moteurs industriels (en apparté cela me semble beaucoup, compte tenu des gains d’efficacité antérieurs de l’industrie – 35 % -… mais je ne suis pas spécialiste…)
- l’éolien pourrait se déployer de 4 manières différentes :
. dans les terres
. sur la côte,
. off-shore, au large de nos côtes et aussi dans des parcs mutualisés avec l'Angleterre et les Pays scandinaves
- le solaire thermique et photovoltaïque pourrait s’exprimer sur les toits… mais aussi dans des systèmes de réseaux collectifs solaires avec stockage de chaleur intersaisonnier
- les réseaux de chaleur urbains pourraient avantageusement remplacer l’usage des énergies fossiles, de manière massive : passer de 5 % actuellement à 60 % en 2050
- pour mettre fin aux déplacements « pendulaires », il faudrait agir bien sûr au niveau des transports en commun et des transports « doux » (rien de nouveau) mais aussi stopper l’étalement urbain en re-densifiant les villes par des constructions mitoyennes et des habitats semi-collectifs (et pas par des « tours », contrairement à ce qu’on pourrait croire)
- le biogaz est un atout pour la Région, ainsi d’ailleurs que les études et les réalisations sur l’hydrogène (société H2Développement)
- la gestion de l’offre et de la demande électrique décentralisée s’appuierait sur l’intégration des prévisions météo et une modulation de la grille tarifaire d’électricité
- la SOBRIETE (1) est évoquée tout au long du rapport. Elle implique un changement de comportement, de NOS comportements. De plus, la gestion « fine » de nos consommations électriques nécessite des informations de base. ²
Mêmes impératifs en ce qui concerne les entreprises, (et j’ajoute personnellement : les Administrations, les Ministères, toutes les Collectivités territoriales, et aussi les associations, ….)
Pour cela, il est préconisé la création de 26 « Agences locales de l’énergie » qui interviendraient de manière plus approfondie dans la formation des acteurs, dans le montage de projets et dans le développement économique régional.
- création d’emplois régionaux pérennes et non délocalisables : c’est le solaire thermique qui crée le plus d’emplois (par kwh produits)…. et pas l’éolien : voir page 15 du document de synthèse.
Questions de la salle (liste) :
. Comment faire accepter ce scénario par les politiques et EDF ?
. Les syndicats ont-ils été associés aux travaux ?
. Les résultats intermédiaires en 2020 sont ils compatibles avec le « Plan Climat-Energie » que vient de sortir l’Union Européenne à l’horizon 2020 (23 % de renouvelables pour la France) ?
. Comment sont résolus les problèmes d’intermittence de production de l’énergie renouvelable (pas de vent, pas de soleil,….) ?
. La France est exportatrice nette d’électricité : est ce que les exportations vers les pays voisins a été prise en compte ? et entre les régions limitrophes (Picardie, …) ?
Précisions :
. Les scénarios sur la décroissance n’ont pas été pris en compte
. Le coût du nucléaire évité n’a pas été calculé
(1) Une remarque personnelle : contrairement à ce que certains croient, dans un scénario « tendanciel » (c'est-à-dire qu’on ne change rien et la croissance économique mondiale suit les courbes statistiques actuelles), il est impossible de satisfaire la demande mondiale d’énergie à l’horizon 2030 si on ne diminue pas la demande (électricité, mais aussi chauffage, transports, etc…).
En mettant en œuvre toutes les énergies fossiles disponibles (sachant que le recours au charbon, « propre » ou pas, nous précipite vers un désastre écologique et humain sans précédent), tous les renouvelables possibles, dans des conditions économiques et physiques réalistes (sans introduire d’évènements exceptionnels), la demande excèdera l’offre.
Et la recherche ne peut pas nous sauver : voir « les cahiers de Global Chance n° 20 (les utopies technologiques) et 21 (Développement…….changer de paradigme) » à télécharger, si vous le souhaitez, sur le site d’Agora 21 http://www.agora21.org/editiona21.html
. Voir aussi la manière de produire des « négawatts » : http://www.negawatt.org/
A ce sujet d’ailleurs le fin d’année 2007 m’a procuré une bonne surprise : l’ensemble des « petits gestes » d’économies d’énergie (y compris la coupure systématique des appareils de veille) et le renouvellement d’appareil électrique en classe « A+ » m’a fait réaliser 25 % de gain énergétique sur ma facture électrique……
. Voir également le livret « Face à la menace climatique, l’illusion du nucléaire » sur le site du Réseau Action Climat France : http://www.rac-f.org/article.php3?id_article=1331
(1 bis) Une 2e remarque personnelle : je pense qu’une des conditions de réussite (mais ce n’est pas la seule !) passe par une acceptation de ce changement de paradigme (vendre du service énergétique plutôt que des Kwh, des services de transport en commun plutôt que des Km automobiles, etc….) par les SYNDICATS. Je ne vois pas comment cela peut fonctionner dans notre pays s’il n’y a pas une mise à plat et un consensus dans ce domaine.
lundi 18 février 2008
AGRICULTURE
J'ai envie de vous faire partager cette soirée, riche d'enseignements et de perspectives de cet "autre monde" qui est à notre portée.
Film « l’agriculture paysanne en Nord Pas de Calais »
Débat : Qui vous nourrira demain-Le choix du modèle agricole est l’affaire de tous
Proposé par : l'association SEDAPAS (Centre d'Etudes pour le Développement d'une Agriculture plus Autonome et solidaire).
19 heures à la MRES – salle comble
1) Projection d’un DVD
9 agriculteurs nous font partager leur passion (on sent bien tout au long qu’ils l’aiment, ce métier, et qu’ils y ont trouvé un vrai sens à leur vie !)
Leurs exploitations s’étendent sur des superficies dans un éventail de 30 à 85 hectares.
Tous ont remis en cause le système industriel, chimique et productiviste qui caractérise le système d’agriculture intensive dominant en France actuellement.
Tous sont dans une stratégie de RESISTANCE à cette « pensée unique », à ce « mode de développement unique », destructeur pour les sols, l’eau et l’écosystème, générateurs de maladies (cancers rares) pour les agriculteurs et leur famille.
Si l’agriculture intensive a eu sa raison d’être (produire en quantité à moindre coût) elle ne correspond plus aux attentes qualitatives des gens, aux exigences environnementales, et surtout elle ne permettra pas de s’adapter aux dérèglements climatiques qui s’annoncent (1).
Le mieux, bien sûr est que vous vous adressiez à l’association SEDAPAS pour vous procurer le DVD (voir ci-dessous), néanmoins je vous retranscris ci-dessous les mots et les éléments importants qui différencient l’agriculture paysanne (note personnelle : on peut dire aussi « agriculture durable ») dont j’ai pris note :
L’AUTONOMIE : décapitaliser, maîtriser les choix techniques, ne plus dépendre de l’extérieur (pour le bétail : herbe au lieu de maïs-soja, ou colza au lieu de soja), recherche permanente de l’adéquation herbe-sols-animaux, autonomie alimentaire, diversité des semences, capacité de choisir son mode de vie.
Ne pas confondre avec autarcie. Au contraire recherche de partenariats, de complémentarités
LA PRESERVATION DES RESSOURCES : il faut comprendre les éléments naturels, considérer qu’ils sont un bien collectif, faire du préventif, accorder la priorité à la résistance aux maladies (rotations longues -7 ans – des cultures, re-plantations de haies, ….), réduire fortement les intrants et utiliser plutôt les engrais bio et un minimum de fongicides (exemple donné = 1 épandage au lieu de 3) si nécessaire.
Bien comprendre aussi que l’agriculture raisonnée n’est pas l’agriculture paysanne (ni durable) : ce n’est que de l’agriculture intensive avec des normes obligatoires…
LA CREATION DE LIENS :
. entre les fermes qui pratiquent ce type d’agriculture, car la gestion est plus complexe qu’en agriculture classique intensive
. avec les consommateurs dans les magasins de vente directe, sur les marchés ou dans les AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne)
. avec les instituteurs et les enfants des écoles : rôle pédagoqique
2) Débat : questions posées par la salle (liste)
- Comment passer du conventionnel au bio ?
- Les revenus pour les producteurs bio sont ils inférieurs ?
- Concrètement, comment le bio peut il se développer dans ce pays, face aux « tâtonnements » de l’Etat ?
- Quels moyens peut on mettre en œuvre pour réorienter l’agriculture ? Les Chambres d’agriculture sont elles à même d’assurer cet accompagnement, de vaincre la formidable résistance culturelle de l’agriculture traditionnelle ?
- Qu’est ce que l’agriculture « raisonnée » par rapport à « l’agriculture paysanne » ?
- Quelle politique foncière mettre en place pour favoriser l’implantation d’agriculteurs ou de maraîchers voulant développer ce type d’agriculture, face aux grandes exploitations industrielles ? Quel est le rôle de l’association « Terre de liens » dans ce contexte ?
- Comment préserver le consommateur contre les OGM, en particulier au niveau de la nourriture animale ?
- Pourquoi la France n’est elle pas capable de réduire de moitié l’utilisation des pesticides, comme certains pays nordiques (Danemark, ….) en ont démontré la faisabilité ?
Voilà, je suis sorti de là conforté dans mes convictions récentes : une autre alimentation, une autre agriculture est possible, au bénéfice aussi bien des producteurs que des consommateurs.
Mais pour « massifier » cet « autre culture » il faut aussi des politiques publiques, des incitations de l’Etat (aides, réorientation de la PAC, …), des soutiens, des accompagnements et une implication des collectivités territoriales.
Et aussi un engagement citoyen : c’est bientôt les Municipales, non ?
Ha, dernière chose : cela fait maintenant plusieurs mois que notre famille s’approvisionne en viande, légumes et fruits, dans un « magasin de vente directe » sous forme de coopérative agricole. On n’y trouve que des produits de saison, et certaines viandes certains jours seulement….. mais c’est moins cher et meilleur que dans l’hypermarché du coin. Essayez, vous verrez !
Fiche et contact SEDAPAS : http://www.mnelille.org/assofiche.php3?asso=CEDAPAS
Site AMAP : http://alliancepec.free.fr/Webamap/index1.php
Site « Terre de Liens « : http://www.terredeliens.org/
Voir aussi le site de la Confédération Paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr/
Pour les atteintes à la biodiversité des semences, voir le site de l’association Kokopelli http://www.kokopelli.asso.fr/proces-kokopelli/gnis-fnpsp6.html
Lire aussi Altermondes n° 12 « Le monde paysan, une vision d’avenir » http://www.amisdelaterre.org/Le-monde-paysan-une-vision-d.html?
(1) Pour avoir un aperçu des moyens utilisés par les populations qui subissent déjà ce dérèglement, télécharger le rapport des Amis de la Terre International « La voix des populations affectées par le changement climatique » sur http://www.foei.org/fr/publications/pdfs/climate-testimonies/
lundi 11 février 2008
EDITORIAL

Si vous visitez le site national sur
« Notre planète est née le lundi à zéro heure.
Lundi, mardi et mercredi jusqu’à midi, la Terre se forme.
La vie commence mercredi à midi et se développe pendant les quatre jours suivants. Dimanche à 4h de l’après-midi seulement, les grand reptiles apparaissent.
Cinq heures plus tard, à 9h du soir, lorsque les séquoias sortent de terre, les grands reptiles disparaissent.
L’homme n’apparaît qu’à minuit moins trois minutes, dimanche soir.
A un quart de seconde avant minuit, commence la révolution industrielle.
Il est maintenant minuit, dimanche soir, et nous sommes entourés de gens qui croient que ce qu’ils font depuis un quarantième de seconde peut continuer indéfiniment « .
Et cette croyance « globale » est alimentée par toute une série de certitudes fragmentaires mais bien ancrées :
- certitude que la science et la technique vont nous sortir du « mauvais pas » du dérèglement climatique sans avoir rien (ou presque) à changer à nos habitudes
- certitude qu’il sera possible avant la fin de l’épuisement du pétrole de produire et de consommer d’autres énergies équivalentes et pas plus chères
- certitude que l’Homme n’a pas besoin des autres espèces animales et végétales pour sa survie
- certitude que la croissance économique quantitative est la clé de l’emploi, de la création de richesses et du développement de notre civilisation
- certitude que écologie et économie sont antinomiques
- certitude que, malgré le fait que 20 % de la population mondiale consomme 80% des richesses planétaires, il ne se produira aucun conflit qui ne puisse être maîtrisé.
- certitude que la « dette écologique » vis-à-vis de certains pays, en particulier africains, n’existe pas et n’a pas à être honorée
- certitude que l’agriculture chimique, productiviste et raisonnée est la seule capable de nourrir massivement le monde et de faire vivre les agriculteurs
- certitude que les Plantes Génétiquement Modifiées sont une source de progrès
- certitude que ni la pollution ni le mode d’alimentation, ni les conditions de travail n’empêcheront la durée de vie d’augmenter sans cesse
- certitude que tout ce qui est écologique est forcément nettement plus cher
- certitude que la vérité se trouve dans les Journaux télévisés du soir
- certitude que les écologistes sont des gens rétrogrades qui ne se complaisent que dans le passé, les contraintes ou les solutions utopistes
- etc…
-
Toutes ces « certitudes », j’ai envie de les combattre et de vous en parler au jour le jour, au fur et à mesure que l’actualité médiatique ou qu’un article de fond intéressant m’inspirera.
Vous faire partager ces réflexions permettra, je l’espère, de déclencher vos réactions et vos commentaires, qui alimenteront le débat.
Et aussi, je l’espère bien, vous donner envie de nous rejoindre (nous = le petit groupe d’adhérents et de sympathisants des Amis de la Terre-Nord, déjà constitué) et de participer à ce challenge.
